Démographie paramédicale : des raisons d’espérer

lundi 4 novembre 2019, par Bruno Benque

Une nouvelle grève des infirmiers, suivis par certaines autres filières paramédicales, est annoncée pour le 14 novembre 2019. Parmi les revendications des manifestants, des effectifs sous-dimensionnés dans les établissements de Santé et médico-sociaux, due à un refus des directions de les mettre en adéquation avec la charge de travail, mais aussi à une pénurie de professionnels. Qu’en sera-t-il demain ? La DREES nous donne des indices.

La démographie des personnels paramédicaux est un des facteurs majeurs de la crise récurrente que connaissent les établissements de hospitaliers et médico-sociaux.

Des charges de travail croissantes à effectifs constants

Les centres qui connaissent le plus de difficultés sont ceux qui ont vu leurs habitudes de travail évoluer sous les effets conjugués de la montée en puissance des prises en charge ambulatoires, des patients atteints de maladies chroniques, ainsi que des personnes âgées en perte d’autonomie, pour ne citer que les plus répandus. Il en résulte une augmentation significative de la charge de travail sans que celle-ci n’ait été anticipée. Certains services se trouvent ainsi en situation de sous-effectifs, ce qui provoque un mécontentement, une fatigue et un désenchantement généralisés des personnels paramédicaux.

La grogne monte chez les personnels paramédicaux

Ces derniers vont d’ailleurs le faire savoir sous peu, puisqu’une grève d’ampleur est annoncée par le Syndicat National des Personnels Infirmiers (SNPI) pour le 14 novembre 2019. Et le problème de la démographie des personnels paramédicaux, liée aux plans d’économie successifs mis en place dans les hôpitaux, fait partie des revendications majeures des organisateurs, de même que la réforme des retraites ou les revalorisations salariales. D’autres filières vont se joindre aux infirmiers, les Manipulateurs d’électroradiologie (MERM) en tête qui préparent via les réseaux sociaux une action conjointe. Mais quelles sont les raisons, outre les problèmes organisationnels, de la raréfaction des candidats pour ces métiers hospitaliers ?

Les raisons de la baisse d’attractivité des métiers hospitaliers

Pour les infirmiers, le métier perd de son attractivité, pour les raisons évoquées plus haut. Le phénomène est tel que, selon les données publiées par le SNPI, quelques 30% des jeunes infirmiers abandonnent cette activité dans les cinq premières années d’exercice. Dans le même temps, les IFSI n’arrivaient pas, ces dernières années, à remplir leurs promotions. Chez les MERM, une partie non négligeable des étudiants ne vont pas au bout du cursus. Et parmi ceux qui y parviennent, une proportion significative n’entre pas dans la vie active mais poursuit des études universitaires - c’est l’effet LMD -. Chez les kinésithérapeutes enfin, les écarts de rémunération et de conditions de travail entre l’activité hospitalière et l’activité libérale conditionnent le manque d’attractivité des établissements de Santé.

Des motifs d’optimisme à court terme

Mais les choses pourraient bien évoluer dans le bon sens dans un futur proche. Tout d’abord parce que les IFSI, sous l’effet de la procédure Parcoursup, font à nouveau le plein. Ensuite car la mise à jour, au 1er janvier 2019, des données sur la démographie des professionnels de santé (effectifs, âge, densité, spécialité, zone d’inscription et mode d’exercice) publiée le 30 octobre 2019 par la Direction de la Recherche, des Études, des Évaluations et des Statistiques (DREES) comprend quelques indices qui appellent à l’optimisme. Alors que les effectifs sont vieillissants, depuis plusieurs années, on assiste à une augmentation de 50% des infirmiers de moins de 25 ans et de 42% des MERM de la même tranche d’âge.

Et si les chiffres des plus de 65 ans reste constant, voire en hausse selon la filière, c’est peut-être dû au mode d’enquête de la DREES. Les données sont en effet issues du Répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) et du répertoire Adeli, et sont donc conditionnées par les désinscriptions des professionnels qui partent à la retraite.

Ces résultats nous permettent d’entrevoir des perspectives favorables sur le champ de la démographie des personnels paramédicaux. Encore faudra-t-il que les directions d’établissements dimensionnent leurs effectifs en adéquation avec les charges de travail. Mais c’est une autre histoire...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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