Congrès de l’ANCIM : le secteur privé une nouvelle fois non représenté

lundi 21 novembre 2016, par Bruno Benque

Le congrès de l’ANCIM du 18 novembre dernier a été un réel succès. Le nombre de congressistes, la qualité des présentations ou l’organisation ciselée en ont fait une journée appréciée de tous. Reste que l’ANCIM s’adresse à tous les cadres de santé, issus de toutes filières paramédicales, et que le secteur privé a été comme souvent le grand absent de cet événement incontournable.

Le Congrès de l’Association Nationale des Cadres Infirmiers et Médico-techniques (ANCIM) qui s’est tenu à Reims le 18 novembre 2016 a attiré plus de 180 professionnels désireux d’améliorer leurs pratiques.

Plus de demandes d’inscriptions que de places disponibles

« Osez la créativité ! », tel était le thème de cet événement au cours duquel des présentations remarquées, notamment d’Yves Servant, Directeur du Centre Hospitalier de Cannes, et une table ronde donnant la parole à des cadres de terrain ont fait de cette journée un espace interactif de qualité. Pour la Présidente de l’ANCIM, Dominique Combarnous, le nombre de congressistes laissait présager de la réussite de ce congrès. « Pour la première fois depuis que je suis à l’ANCIM, nous avons dû cette année refuser du monde », s’exclamait-elle.

Une assistance exclusivement issue du secteur public

Mais, après avoir formulé ce premier constat, elle regrettait que le secteur public était le seul représenté dans l’assistance. « Je ne m’explique pas cette désaffection des professionnels du privé pour ce type de journée de formation, mais aussi pour adhérer à notre association », poursuivait-elle. Le bureau de l’ANCIM avait pourtant fait en sorte que de nombreux établissements ESPIC et privés reçoivent l’information. Certains cadres de ce secteur s’étaient renseignés sur les modalités de participation à cette journée, mais aucun n’était allé jusqu’à s’y inscrire.

Un programme pourtant de qualité

Alors quelles sont les raisons qui pourraient motiver une telle absence ? Le programme était pourtant alléchant et la créativité est une notion bien présente dans le secteur privé, qui, ce n’est un secret pour personne, est souvent plus réactif que l’assistance publique pour favoriser les initiatives personnelles innovantes. L’origine professionnelle des orateurs issus exclusivement de cette dernière est-elle une cause ? Peut-être. Sans doute faudrait-il inviter des acteurs de tous types d’établissements pour favoriser un « melting pot » de congressistes.

La place des formations thématiques initiées par le secteur privé

La difficulté, pour les établissements privés, à libérer leurs professionnels pour des journées de formation spécifiques ou à financer les coûts associés ? Cet argument ne tient pas lorsque l’on connaît les difficultés économiques actuelles des centres hospitaliers et les organisations à flux tendu qu’ils ont mis en place ces dernières années. Le développement de formations thématiques internes aux groupements d’établissements privés ? Sans doute. Ces processus laissent en effet peu de place à des absences supplémentaires pour des journées scientifiques plus générales.

Le rassemblement des cadres de toutes les filières paramédicales

Cette situation est néanmoins fort regrettable, l’ANCIM étant la seule association hexagonale rassemblant les cadres issus de toutes les filières paramédicales. Son travail de qualité devrait aujourd’hui susciter l’intérêt de l’ensemble des professionnels concernés, ne serait-ce que pour mutualiser les pratiques des uns et des autres, qui sont souvent très différentes. Mais il est vrai que le discours politique actuel, qui promeut à longueur d’année une dichotomie entre les deux secteurs, ne crée pas les conditions initiales d’un tel rapprochement. Et cela est bien dommageable...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


Partager cet article