Comme un écran de fumée pour masquer la réalité...

lundi 2 mars 2020, par Bruno Benque

Le coronavirus est le sujet de conversation central en France depuis quelques jours. Le journal télévisé y a même consacré récemment l’intégralité des sujets qu’il a traité. Comme il sait le faire en pareille occasion, l’audiovisuel français met en place les conditions d’une angoisse collective pour créer un écran de fumée. Et pendant ce temps-là, le 49.3...

J’ai récemment eu l’occasion de consulter, il y a quelques jours, le journal télévisé de 20h sur une chaîne de grande écoute française, ce qui n’est pas dans mes habitudes, et j’ai été interpelé par son contenu.

La totalité du journal télévisé consacrée au coronavirus

Ce programme est le plus suivi, en termes d’audience, et s’avère donc comme un vecteur de choix de conditionnement de l’opinion générale. Sa force vient notamment de sa position historique dans le paysage audiovisuel français, de sa récurrence quotidienne qui favorise la fidélisation des téléspectateurs, et de sa propension à traiter des sujets dont l’apanage sensationnel sont susceptible de les retenir dans le but qu’ils soient encore présents en fin de journal afin d’ingérer les messages publicitaires diffusés à la suite de celui-ci. Mais quelle ne fut pas ma surprise, ce jour-là, de constater que la totalité du journal télévisé était consacrée au coronavirus !

Des trésors de créativité pour trouver des sujets sur la même thématique

La conférence de Rédaction a dû, j’imagine, déployer des trésors de créativité pour trouver des sujets un tant soit peu variés pouvant traiter de ce sujet somme toute assez rébarbatif. L’évolution de l’épidémie de coronavirus en chiffres, les symptômes de la maladie, reportage dans une école qui applique des mesures de prévention, reportage dans une ville chinoise sinistrée, éditorial sur les conséquences économiques de l’épidémie à moyen terme, tels étaient les sujets qui ont, entre autres, été programmés ce jour-là pour remplir les cases du journal sensationnel. À croire que plus rien ne se passait dans le monde au cours de cette période.

Mettre en place les conditions d’une angoisse collective pour créer un écran de fumée

Durant cette journée donc, le changement climatique n’était plus qu’un mauvais souvenir, les gilets jaunes ne manifestaient plus leur mécontentement, les migrants africains ne s’aventuraient plus dans des voyages périlleux à travers la Méditerranée, la montée des populismes n’était plus qu’une vue de l’esprit et les personnels soignants avaient retrouvé le goût du travail et le sens de leurs missions. Tous ces thèmes d’actualité, qui ont récemment été développés au cours des mêmes programmes n’étaient pas assez sensationnels ni aussi « vendeurs » que l’épidémie de coronavirus. Rappelons tout de même que cette maladie, même si elle a provoqué, d’après les chiffres récents, la mort de trois mille personnes dans le monde, n’est pas aussi virulente que le SRAS qui a sévi en 2003 et ne provoque pas autant de dégâts que la grippe saisonnière en France.

Mais elle est assez grave pour créer les conditions d’une angoisse collective qui, entretenue par les chaînes de grande écoute, peut créer un écran de fumée sur les autres problèmes qui gangrènent la société. Et pendant ce temps-là, le 49.3 est activé pour faire passer la réforme des retraites…

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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