Cadres de santé

Chers collègues, les institutions veillent sur vous !

lundi 19 octobre 2015, par Bruno Benque

La qualité de vie au travail est un sujet qui fait l’objet d’une attention particulière de la part des institutions publiques, comme en témoignent les acteurs de la conférence inaugurale du dernier Congrès Préventica. Les soignants en souffrance ne demandent qu’à les croire, eux qui ne voient pas de changements majeurs dans leurs conditions de travail.

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Connaissez-vous la DIRECCTE, la DGT, l’ANACT ou la CARSAT ? J’entends déjà certains d’entre vous vociférer, me traiter de singe savant essayant de leur en mettre plein la vue avec des acronymes élaborés, et d’autres me mettre dans le même panier que les fêtards du weekend n’ayant pas encore cuvé leurs cocktails...

Le point de vue des institutions sur la santé au travail

Et pourtant, tout manager qui se respecte, même au sein de l’établissement de santé le plus reculé, devrait connaître ces institutions qui travaillent au quotidien pour améliorer les conditions de travail des salariés. Et justement, la Conférence d’ouverture du dernier Congrès Préventica, qui s’est tenue le 13 octobre 2015 à Lyon, avait pour orateurs des personnalités issues des organisations sus-citées, pour un débat consacré au point de vue des institutions sur la santé au travail. L’état général des soignants au sein des établissements de santé de toutes spécialités se trouvant actuellement très entamé, il était intéressant d’aller voir ce que les organismes publics de soutien mettaient en place pour redresser la barre.

Prendre en compte la participation des salariés aux décisions

Hervé Lanouzière, Directeur Général de l’Agence Nationale d’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT) en Rhône-Alpes, a ouvert le bal en décrivant les enjeux santé/performance au sein des organisations. Ces enjeux sont tout d’abord, selon lui, liés au marché, avec de nouvelles contraintes économiques, sont liés aux salariés, qui souhaitent plus d’engagement et d’autonomie, et ont une composante sociétale, par la diversité, l’égalité et la discrimination positive réclamée par la population. Ces trois enjeux se téléscopent aujourd’hui, et l’ANACT prône la nécessité de mettre en place une méthode pour atteindre une qualité de vie au travail meilleure, qui prendrait en compte la participation des salariés aux décisions sur le contenu du travail.

Ne plus considérer le travail comme pathogène

Pour Jean-Pierre Berthet, responsable de la Direction Régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE), parlant au nom de la Direction Générale du Travail (DGT), la qualité au travail est une des priorités, avec l’égalité des chances et la lutte contre le travail illégal, des institutions publiques du secteur. Il a évoqué le nouveau plan « Santé au travail », qui fait évoluer le concept par un changement de paradigme. Les salariés sont ainsi appelés à agir en soutien de l’État et le travail n’est plus considéré comme pathogène. Dès lors, la DGT fait en sorte de prévenir l’usure des professionnels, anticipe la pénibilité et prend en compte la perception des salariés sur leurs conditions de travail.

Prévenir les effets indésirables du Lean Management

Hervé Laubertie, responsable de la prévention à la DIrection des risques professionnels de la CNAM-TS, qui intervenait ici en tant qu’assureur des salariés, a fait remarquer que la recherche de performance est souvent synonyme de baisse de la qualité de vie au travail. Il a estimé qu’une approche paritaire peut, à court terme, fluidifier le dialogue social. Il s’agit pour lui de faire de ce rapprochement un levier de croissance. Pour Nathalie Guillemy, Directrice de l’INRS Paris-Centre, il existe enfin des outils spécifiques destinés à guider les salariés dans ce contexte de Lean Management. Les hôpitaux peuvent s’appuyer sur une réseau développé par l’INRS ayant mis en place des actions de formation, d’information et de sensibilisation pour prévenir les effets indésirables du nouvel environnement professionnel.

Les entreprises ont compris que, désormais, la santé au travail des salariés et la performance sociale impactent fortement leur performance économique. L’enjeu ultime est de rendre cette performance sociale incontournable au sein des entreprises et de les faire adhérer les salariés du mieux possible au projet d’entreprise. Dans les hôpitaux comme dans toute entreprise, la recherche de l’efficience est donc entérinée, mais les soignants en souffrance ne doivent pas s’inquiéter, une multitude d’institutions publiques sont là pour les assister. Pour l’instant, ils n’en ont pas identifié les bienfaits dans leur pratique quotidienne...

Bruno Benque
Rédacteur en chef cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


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