Soignants et vaccination anti-COVID : quid du principe d’exemplarité ?

vendredi 8 janvier 2021, par Alexis Bataille

Dans un climat de défiance généralisée contre la vaccination en France, les professionnels de santé ont un rôle à jouer pour lutter contre le « vaccinoscepticisme », rappelle l’Organisation Mondiale de la Santé. Notamment en montrant l’exemple, analyse-t-elle dans un rapport du 15 octobre 2020. Pourtant on le sait, les doutes n’épargnent pas les soignants, parfois même opposés à la vaccination. Comment, dès lors, concilier intimes convictions et métier infirmier, alors que les autorités sanitaires comme l’Ordre comptent désormais sur les forces vives infirmières ? Alexis Bataille, aide-soignant par ailleurs étudiant en soins infirmiers, soumet son analyse du paradoxe... épineux.

Du latin convincere qui veut d’abord dire prouver que, démontrer, dénoncer, le verbe convaincre est sur toutes les lèvres médiatiques à l’heure où débute timidement la campagne de vaccination COVID-19 sur notre territoire. En effet, la population française marque le pas de sa réfractivité et contracte les muscles devant l’aiguille du vaccin. Aussi, l’acteur central de la démonstration thérapeutique revient, bien entendu, aux professionnels de la santé en leur qualité d’immuables promoteurs de ce dernier bien précieux. En cela, les soignants dans leur ensemble n’ont eu de cesse de plaider pour une seule chose durant toute cette année 2020 : la santé a un prix, celui de la vie. Ils en ont été les garants. Pour autant, face à l’enjeu vaccinal, beaucoup de soignants eux-mêmes sont dubitatifs.

Partiellement paradoxale, cette réaction épidermique de la communauté soignante n’est pas nouvelle. Par exemple, chaque année, la vaccination antigrippale n’emporte pas l’adhésion franche des professionnels de santé, toutes catégories confondues, du médecin à l’agent de service. En cela, la défiance témoigne, d’une part, du fait que le soignant, en dépit du fait qu’il soit sachant, n’est pas exempt d’a priori en ce qui concerne la maîtrise de son propre état de santé. Il est Homme, sujet d’une société, au cœur de systèmes d’influences intrinsèques et extrinsèques. A ce titre, il exprime les mêmes doutes. Ce qui est plutôt rassurant, car l’on aurait tort de penser que le soignant est un sur-Homme.

Néanmoins, cela interroge. Face au sempiternel principe de prudence générale primum non nocere (d’abord ne pas nuire) s’oppose un débat soignant de fond. Celui du principe d’exemplarité.
Ainsi, avant d’être intégré à tout déploiement vaccinal, l’I.D.E se doit-il d’être toujours en cohérence avec lui-même, soit être celui qui croit ce qu’il dit et fait ce qu’il dit (Victor Hugo), ou le seul fait d’être I.D.E doit-il contraindre sa disposition naturelle en étant obligatoirement exemplaire, soit celui qui n’y croit pas mais qui le fait quand même ?
En définitive, la campagne vaccinale soulève une question déontologique et opérationnelle fondamentale : L’Homme est-il I.D.E ou l’I.D.E un Homme ?
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Alexis Bataille
Étudiant en soins infirmiers (2019-2022),
Aide-soignant
@AlexisBatll


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