Qui êtes-vous, Monsieur le Ministre de la Santé ?

vendredi 28 février 2020, par André Roche

Un nouveau Ministre est arrivé rue Duquesne. Mais qui est donc Olivier Véran, le neurologue qui a remplacé Agnès Buzyn ? Retour sur le parcours à l’hôpital et en politique de cet homme engagé et travailleur qui a déjà montré ses aptitudes à faire évoluer le système de Santé dans ses fonctions de rapporteur de la Commission des affaires sociales à l’Assemblée Nationale.

Agnès Buzyn a quitté le Ministère des Solidarités et de la Santé pour la course à la mairie de Paris comme tête de liste d’En Marche à la place de Benjamin Griveaux. Le président de la République salue sa décision, une décision de cœur et d’engagement, une décision courageuse et sa volonté de mener le combat électoral à Paris.

Un nouveau Ministre arrive Avenue Duquesne

L’opposition a mystifié la décision de Mme Buzyn en l’accusant de prendre la fuite devant le travail important à venir et la pression du moment. En effet, la France traverse la plus grande crise hospitalière de son histoire et le coronavirus frappe aux portes du pays.
Pour les professionnels de santé, le moment de ce changement de ministre semble mal choisi. A moins, qu’au contraire, le nouveau ministre, Olivier Véran, apporte ses idées, son dynamisme qui permettra de donner un souffle nouveau à la gestion de la crise dans les hôpitaux. Depuis le dimanche 16 février 2020 en effet, celui-ci a pris les rênes du ministère des Solidarités et de la Santé. Mais peu de français le connaissent. Qui est-il vraiment ?

Un parcours riche

Olivier Véran, est né le 22 avril 1980 à Saint-Martin-d’Hères en Isère. Fils d’une enseignante d’anglais et d’un ingénieur en informatique, le ministre de la Santé est père de deux enfants (9 et 6 ans) avec son épouse gynécologue et vit à Grenoble, où il a suivi sa scolarité et des études de médecine. Pendant ses études, il a été porte-parole de l’Intersyndicat national des internes des hôpitaux. En 2008, il soutient une thèse d’exercice en médecine. Praticien hospitalier, il est neurologue au CHU de Grenoble. Il est alors devenu conseiller titulaire à l’Ordre départemental des médecins de l’Isère. En 2012, il obtient un exécutive master en gestion et politique de santé à Sciences Po de Paris.

Socialiste, Olivier Véran devient député de l’Isère et siège à l’Assemblée nationale du 22 juillet 2012 au 5 avril 2015 en remplacement de Geneviève Fioraso, appelée au gouvernement. Pendant cette période, il est candidat malheureux aux élections départementales en Isère. En 2015, il est désigné porte-parole du président sortant de la région Rhône-Alpes, le socialiste Jean-Jack Queyranne, lors de la campagne des élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes. Le 13 décembre 2015, à l’issue du scrutin, la liste conduite par Jean-Jack Queyranne échoue en faveur de Laurent Wauquiez (LR). Olivier Véran est alors élu conseiller régional.

Engagé et travailleur

Il s’est engagé auprès d’Emmanuel Macron, à l’occasion des élections présidentielles de 2017, en tant que référent santé de son programme. Il s’est inscrit pleinement dans la volonté de faire évoluer la politique et ses pratiques en France. Son nom a d’ailleurs circulé pour occuper le poste de ministre de la Santé, notamment en 2017. Il était qualifié à l’époque de « bosseur », « sympathique », « très bon connaisseur de l’hôpital » par Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF).
« Il n’y aura pas de période de chauffe, je connais les dossiers », a assuré sur France Info Olivier Véran, lundi 17 février 2020, au lendemain de sa nomination au ministère de la Santé.

Des idées et des réformes

Olivier Véran occupe depuis deux ans et demi le poste stratégique de rapporteur général de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale. Il a notamment défendu ces derniers mois l’expérimentation du cannabis thérapeutique, fait voter la création d’une taxe modulable sur les boissons gazeuses sucrées et mis en place un dispositif visant à payer les urgences hospitalières pour qu’elles renvoient des patients non urgents vers la médecine de ville. Il a aussi été le premier à tirer la sonnette d’alarme sur le recours excessif à des médecins intérimaires à l’hôpital. Mais il s’est surtout fait connaître en 2015 par son plan de lutte contre l’anorexie, notamment chez les mannequins.

Olivier Véran peut se vanter de connaître l’hôpital public. Ancien vice-président de l’Inter-Syndicat national des internes durant ses études de médecine à Grenoble, il a financé sa formation en travaillant comme aide-soignant, notamment en gériatrie. Il continuait par ailleurs à assurer des consultations tout en étant député. « Il bosse comme tous ses collègues et prend même des astreintes, certains soirs, en rentrant chez lui avec le téléphone professionnel sur lui », raconte un médecin qui l’a côtoyé.

Malgré son jeune âge, notre nouveau ministre de la Santé est déjà expérimenté en politique et en médecine hospitalière. Espérons qu’il mettra à profit ses expériences dans le sens de l’amélioration de la qualité des soins et des conditions de travail à l’hôpital.

André Roche
Cadre de santé formateur
IFSI Hôpital du Gier, St-Chamond (42)
Master 2 Management des organisation de Santé
a.roche@hopitaldugier.fr


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