Les usages de la e-santé en Île-de-France lors de la première vague épidémique

mercredi 18 novembre 2020, par Bruno Benque

Les usages de la e-santé ont connu un développement significatif lors de la première vague de la pandémie de COVID-19. Une enquête auprès d’une quarantaine d’acteurs du système sanitaire, commandée par le SESAN, démontre que les professionnels de Santé se sont adaptés à la situation grâce notamment au numérique, en utilisant plus souvent les outils existants dans leurs processus métiers, ce qui a abouti à une meilleure coordination et a favorisé le lien social, en particulier entre les soignants et les patients.

Le SESAN est, tant que GRADeS (groupement régional d’appui au développement de la e-santé), l’expert opérationnel en Systèmes d’Information de l’ARS Île-de-France depuis plus de 10 ans. À ce titre, il accompagne les acteurs de santé franciliens par la conduite de projet et en fournissant des solutions clés en main.

Une quarantaine d’acteurs du système sanitaire interrogés sur la e-santé durant la première vague

Il a missionné dernièrement le cabinet de conseil mc2i, pour mener une enquête qualitative sur les usages de la e-santé depuis le début de la crise sanitaire. Ce sont quelques 50 heures d’entretiens qui ont été menées pour comprendre les bénéfices et freins associés à chaque pratique et faire de la prospective sur les évolutions à venir. Enoving, société de conseil spécialisée en santé et fragilités, qui accompagne les acteurs concernés dans leurs réflexions stratégiques et projets innovants, et hkind, startup dont les fondatrices bénéficient de 15 ans d’expérience en santé publique, e-santé et communication santé, ont interrogé, durant 2 mois, 40 acteurs aux profils différents tels que médecins généralistes et spécialistes, pharmaciens, patients, directeurs d’établissement sanitaires et médico-sociaux, startuppers, fondateurs de réseaux ou d’associations de patients, industriels de l’e-santé, institutionnels, DSI de structures hospitalières, médias, anthropologue.

Ce que la COVID-19 a vraiment montré en matière de e-santé

Au préalable, l’enquête a eu pour objet de réaliser une synthèse bibliographique à partir de l’analyse de plus de 250 sources traitant de la e-santé, ce qui a permis de dresser les grilles d’entretien en fonction des profils des différents interviewés. La dernière phase de l’enquête a enfin constitué une étape d’analyse, de décryptage, de synthèse et de prospective. Il en résulte un document d’une centaine de pages, intitulé « Ce que la COVID-19 a vraiment montré en matière de e-santé », qui offre une vision qualitative des pratiques en e-santé pendant la crise COVID, des perspectives qui s’ouvrent dans ce domaine, ainsi que des freins qu’il reste à lever dans le cadre de l’adoption de nouveaux outils numériques.

Des professionnels qui s’adaptent par les usages de la e-santé

L’étude a mis en lumière de nouveaux besoins pour les professionnels de Santé, en établissement ou en ville, qui ont dû s’adapter tant pour répondre aux demandes spécifiques des patients atteints de la COVID-19 que pour continuer à assurer le traitement des autres malades, tout en assurant la coordination entre la médecine de ville et l’hôpital. Les outils numériques ont permis, dans une certaine mesure, de faciliter cette adaptation des organisations à un contexte inédit. Le SESAN a d’ailleurs proposé, dans cette période, des solutions numériques de santé en étroite collaboration avec l’Agence Régionale de Santé Île-de-France et accompagné de nombreuses structures de santé franciliennes dans ce sens.

« La crise a constitué un accélérateur d’adoption pour les usages du numérique en santé, remarque le Dr Nourdine Bensalah, Directeur du Département Territoires et Innovation au SESAN. Le regard des professionnels et des patients a changé vis-à-vis du numérique, les coordinations et interactions ont été valorisées, la place et l’autonomie des patients se sont renforcées, des outils ont permis d’apporter plus de lien, de solidarité et d’information. Tout l’écosystème des industriels, des startups et DSI s’est mobilisé. »

Une accélération sur les outils existants ainsi que dans les processus métiers

Parmi les grandes tendances observées, l’usage d’outils numériques existant mais souvent peu utilisés, et notamment certaines pratiques de télémédecine, comme les télé-consultations ou la télé-réadaptation / télé-rééducation pour la prise en charge de patients à distance a été considérablement accéléré. Ont été également mis en lumière l’intérêt de la dématérialisation pour certains processus métier ou back office, comme la collecte de documents, ou l’organisation interne des établissements. La crise également démontré l’utilité du numérique pour donner une plus grande autonomie aux patients dans la prise en charge de leur pathologie et transformé leurs relations avec les professionnels de santé.

Une meilleure coordination et un lien social favorisé

Par ailleurs, la pandémie a démontré le besoin impératif de se coordonner entre acteurs grâce au numérique, que ce soit pour échanger des données médicales, pour partager des bonnes pratiques, mais également pour coordonner la réponse à la pandémie à une échelle régionale ou nationale, que ce soit en termes de suivi des capacités, des ressources ou des données médicales. Sans compter les nombreuses initiatives pour répondre aux besoins des professionnels et des patients, dans l’urgence, besoins matériels, d’information et de formation, de lien social, etc.

Lire l’enquête dans son intégralité.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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