Le CHU de Rouen implique les patients dans un projet d’organisation hospitalière

mercredi 30 mai 2018, par Bruno Benque

L’Hôpital de Jour Gastro-entérologie et Pneumologie du CHU de Rouen a initié un projet de réorganisation pour lequel les patients ont eu leur mot à dire. Aux moyens d’entretiens et d’ateliers de co-construction, ils ont pu orienter la conception des espaces architecturaux du nouveau service et inciter des artistes à venir les accompagner lors de leur passage dans cette unité de soins.

Dans le cadre de l’Agora Manager de la Paris Healthcare Week (PHW) 2018, une session se proposait, ce 30 mai 2018, de faire un retour d’expérience sur l’implication des patients dans deux projets hospitaliers au CHU de Rouen.

Impliquer le patient dans un projet d’organisation de la prise en charge

Au sein des Hôpitaux de Jour (HDJ) de gastro-entérologie et de pneumologie de cet établissement, Hélène Boulard, Chargée de projets à la Direction des opérations et de la performance et Hélène Magnier IDE pratiques avancées, Coordinatrice recherche paramédicale, soutenues par le Pr Pierre Michel, Chef de Service gastro-entérologie, ont souhaité évaluer le retour des patients afin d’améliorer leur prise en charge. L’équipe soignante a donc, dans un premier temps, fait la démarche d’identifier l’implication des patients en tant que possibles collaborateurs de ce projet, distincts de ce que l’on appelle les patients experts. Il s’agissait de s’enrichir de leur expérience, de leur regard sur l’organisation, de leur parcours et de leur vécu sur le terrain, dans le Service HDJ.

Des entretiens et des ateliers faisant participer les patients

Ils ont été assistés, pour ce faire, des consultants ANEO qui ont organisé avec eux des entretiens préliminaires auprès des patients sélectionnés afin de recueillir leurs besoins et leur expertise. « Nous avons souvent besoin d’une heure trente d’entretien, remarque Mélodie Fortier consultante ANEO. Durant la première demi-heure, tout va bien. Puis le patient déclare ne pas vouloir dire ce qui ne va pas, et enfin, dans la dernière demi-heure, il prend de la hauteur sur son parcours de soins et on obtient enfin son avis. » À partir de ces entretiens, des axes de travail se dégagent et les patients sont conviés à participer à des ateliers de co-construction du projet, auxquels se joint l’ensemble des acteurs de la prise en charge, y compris les services transversaux comme l’imagerie, le brancardage ou la Direction de l’architecture de l’établissement. « Lors de ces ateliers, il est important que tout le monde se retrouve à égalité, précise Hélène Magnier. C’est pourquoi les soignants n’y portent pas de blouse, par exemple, afin de mettre les patients dans les meilleures conditions. »

Des espaces collectifs conviviaux et des artistes pour améliorer le quotidien

L’objectif est, ici, de repenser l’environnement et l’organisation de la prise en charge du patient afin de les rendre plus confortables et conviviaux. « Les patients reçus en HDJ ont une autonomie que l’on n’utilise pas, explique le Pr Pierre Michel. Nous voulions la respecter, l’utiliser et la renforcer, en lien avec l’équipe soignante. » Cette autonomie revendiquée par les patients a permis de modifier le projet architectural du nouveau Service HDJ, qui comportera une salle de vie où ils pourront se retrouver, lire, prendre part à des jeux ou regarder la télé, mais « pas comme des malades ». Des espaces plus intimistes sont évidemment prévus pour les actes de soins, ainsi que des chambres avec lits, pour ceux qui se sentent plus fragiles. Le côté artistique est également développé, avec des musiciens, des danseurs, des acrobates, voire des magiciens.

Garder une vision dynamique et évolutive du projet

« Le projet est aujourd’hui en test d’organisation dans un local tampon, conclut le Pr Michel. Nous souhaitons, parallèlement, créer un espace digital pour garder le lien avec le patient lorsqu’il est chez lui, mais nous n’avons pour le moment pas de réponse adaptée à ce besoin prioritaire. » Pour Hélène Magnier, « ce projet va permettre de positionner de nouveaux métiers et de faire gager du temps soignant aux IDE du service. » Et il n’est pas exclu d’étendre le processus à certaines prises en charge en hospitalisation conventionnelle.

Si l’ensemble des intervenants se montre très satisfait de l’évolution de ce projet, il est essentiel que celui-ci soit dynamique et évolutif, afin qu’il s’adapte aux éventuels nouveaux soignants et aux besoins des patients à venir.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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