La réingénérie de le formation IBODE effective, quels impacts pour la spécialité ?

vendredi 6 mai 2022, par Audrey Parvais

Les textes signalant l’universitarisation de la formation des infirmiers de bloc opératoire (IBODE) viennent de paraître au Journal Officiel. Une évolution qui était très attendue par la spécialité, partagée entre satisfaction d’atteindre plus de reconnaissance et crainte de la voir débordée par le sujet des mesures transitoires.

La grande Arlésienne est enfin arrivée. C’est ainsi que Marie-Sophie Niay, qui dirige l’Association des Enseignants des Écoles d’Infirmiers de Bloc Opératoire (AEEIBO), résume la publication dans le Journal Officiel du 29 avril du décret et de l’arrêté entérinant la réingénierie de la formation IBODE. Il faut dire qu’avant d’être validé par le Haut Conseil des Professions Paramédicales (HCPP) le 14 avril dernier, le projet d’universitarisation s’est fait attendre pendant 16 longues années. Après plusieurs mois de discussion, représentants de la profession et Direction générale de l’offre de soin (DGOS) se sont finalement entendus. Au sein de la spécialité, l’heure est donc à l’expression d’une certaine satisfaction, toutefois teintée de prudence.

Un facteur d’attractivité

Je trouve que cette réingénierie est une bonne chose, réagit Magali Delhoste, présidente de l’Union Nationale des Associations d’Infirmier(ière)s de Bloc Opératoire Diplômé(e)s d’État (UNAIBODE). Nous allons enfin pouvoir nous inscrire dans le cursus LMD [ndlr : licence, master, doctorat]. Car si les infirmiers en soins généraux voient leurs études validées par la délivrance d’un diplôme de grade licence, la spécialité IBODE, qui requiert de repasser sur les bancs de l’école, n’était pas sanctionnée par l’obtention d’un master. De quoi freiner la reconnaissance de ses compétences, estimaient ses représentants et associations. Aussi cette universitarisation est-elle perçue comme un facteur essentiel pour en renforcer l’attractivité. Elle devrait normalement rendre la spécialité plus attractive, car nous passons dans un régime de formation homogène par rapport à toutes les autres formations. Il était temps de le faire, abonde Marie-Sophie Niay. Pour nous, ce n’est pas une reconnaissance, nuance de son côté Grégory Chakir, le porte-parole du Collectif Inter-Bloc, qui y voit plutôt une évolution normale de la formation s’inscrivant dans le cadre du processus de Bologne*.

Cette universitarisation des études d’IBODE s’accompagne d’un certain nombre de modifications dans la constitution des cursus, qui devraient notamment faciliter le parcours des professionnels demandant une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Les textes prévoient en effet un découpage de la formation en blocs de compétences, auparavant divisée en modules, qui simplifierait l’acquisition des connaissances manquantes. Avant, les personnes en VAE étaient obligées de marquer un arrêt dans leur cursus car elles ne pouvaient pas aller chercher les deux ou trois compétences qui leur manquaient dans la formation, celle-ci n’étant pas du tout pensée en termes de compétences, explique ainsi Mme Delhoste. Ils pourront désormais aller les chercher au sein du cursus, c’est-à-dire qu’ils auront la possibilité d’intégrer partiellement ces blocs de compétences. Conséquence espérée : attirer plus de personnes en VAE pour renflouer les effectifs d’IBODE dans les établissements, actuellement en pénurie. S’y ajoute enfin la possibilité pour les infirmiers de poursuivre leurs études pour obtenir un doctorat, le master étant indispensable. Même s’il n’existe pas actuellement de doctorat IBODE, note la présidente de l’UNAIBODE. Pour les employeurs, enfin, cette réingénierie est une bonne chose, ajoute Marie-Sophie Niay, car il permet de multiplier « les voies d’accès à la formation », en particulier avec l’apprentissage.
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Audrey Parvais
Journaliste
audrey.parvais@gpsante.fr


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