La recherche paramédicale : un espace de liberté et de créativité pour les soignants

vendredi 10 juin 2022, par Valérie HEDEF

Une recherche clinique paramédicale intégrée, pluridisciplinaire, portée à l’innovation, mais aussi un espace de liberté qui redonne du sens aux métiers du soin…La 26e Journée scientifique soignante du CHU de Toulouse s’est vue revigorante et enthousiasmante.

On vit un tournant de la recherche paramédicale (explosion des revues au niveau mondial…). J’y vois deux raisons : d’une part cela interroge nos pratiques par la méthode scientifique, d’autre part, la recherche est un facteur d’attractivité pour les soignants acteurs de leur pratique a observé le Pr Olivier Lairez, directeur de la recherche et de l’innovation au CHU de Toulouse en préambule de la 26e Journée scientifique soignante de l’établissement qui avait pour thème Relever les défis de santé publique par l’innovation paramédicale. Démonstration au travers de trois présentations exposées à l’occasion.

La moxibustion comme soin de support chez les patients atteints de MICI

Interroger ses pratiques, c’est notamment ce à quoi s’emploie une équipe soignante du centre hospitalier de Bigorre (Tarbes) en se demandant comment améliorer la qualité de vie de ses patients atteints d’une forme sévère de maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI : rectocolite hémorragique et maladie de Crohn). Alors que la moxibustion, médecine chinoise traditionnelle apparentée à l’acupuncture a déjà montré des bénéfices en phase pré-clinique (baisse de l’inflammation et des symptômes : fatigue, crampes, selles liquides, douleurs), son utilisation peut-elle être dans ce contexte un soin de support intéressant en complément des traitements médicamenteux ? Au lieu d’utiliser des aiguilles (acupuncture), nous utilisons un cône de moxa au charbon qui vient chauffer le point pour stimuler les énergies. En médecine chinoise, le patient est en effet pris en charge dans sa globalité, avec un équilibre entre le yin (mal-être) et le yang (lumière, soleil) a expliqué Mélanie Fesquet, cadre de santé, dans le service de médecine de jour oncologie de l’établissement. Et d’ajouter : Les infirmiers et les aides-soignants du service sont formés deux jours durant sur les points d’acupuncture mais surtout sur la bonne utilisation de l’outil (cône), car il y a un risque de brûlure.

Si pour l’heure ce projet de recherche clinique1 n’a pu aboutir, nous poursuivons la pratique de la moxibustion sur les patients accueillis dans le service a indiqué Mélanie Fesquet. De plus, à leur demande et pour ces derniers, des plages de consultation externes ont été ouvertes afin qu’ils puissent en bénéficier plus régulièrement et nous réalisons une évaluation (indicateurs) à chaque séance afin de mesurer les effets de la moxibustion. Et la cadre de santé de conclure : Nous retravaillons le projet pour pouvoir le présenter de nouveau lors d’un appel à projets en recherche clinique.
Lire la suite dans www.infirmiers.com...

Valérie Hédef
Journaliste Santé
valerie.hedef@orange.fr


Partager cet article

Vous recrutez ?

Publiez vos annonces, et consultez la cvthèque du site EMPLOI Soignant : des milliers de profils de soignants partout en France.

En savoir plus