Covid-19 : Il y aura un avant et un après !

jeudi 26 mars 2020, par Benjamin Becker

L’épidémie e COVID-19 a, de fait, changé les habitudes de la majorité d’entre nous, confinés au maximum et contraint, ou permis pour la plupart, de s’adonner à des activités originales. Cet épisode nous fera-t-il changer notre approche au monde une fois que la vague virale se sera échouée ? Benjamin Becker en est persuadé et montre, dans un texte émouvant et optimiste, son espoir de voir les humains saisir une chance inouïe de réfléchir en commun à la sécurisation du monde.

Ce Coronavirus 2019 qui fait si peur, comment en tirer profit pour l’avenir ?

Assurément (espérons-le !), il y aura un avant et un après cette crise mondiale qui bouleverse durablement, et avec certitude nos manières de penser le monde. Un après duquel il sera alors permis et urgent de ré-envisager notre mode de fonctionnement, de production économique et de solidarité sociétale. Et dans cette difficile incertitude, l’empathie semble se trouver au cœur du jeu social, pour paraphraser Serge Tisseron [1] Un après dont il faudra savoir tirer profit, dans la bienveillance générale des plus chanceux vers les plus précaires, des plus solides vers les plus faibles. Un après dont on prendra conscience de l’importance de replacer les priorités dans un ordre plus juste, plus judicieux, plus équitable et plus éthique, au nom du collectif ! Une « bienveillance [qui se voudrait] le contraire de la mièvrerie : c’est une arme de choc, une arme de joie, une arme absolue, […] la seule réponse à la crise morale que traversent nos sociétés » [2]

Une chance inouïe de réfléchir en commun à la sécurisation du monde

Et par là même, imposé par des politiques qui trouvent dans le recours à la privation de libertés individuelles le salut nécessaire à une lutte généralisée sans précédent [3], voici qu’arrive le temps du confinement par lequel je nous invite, chacun d’entre nous à repenser l’essentiel et à reconsidérer les valeurs morales et sociales qui renforceront notre société de demain, l’interaction positive des publics et un sentiment majeur d’égalité des genres [4].

A bien y penser, cette pandémie nous offre-t-elle pas une chance inouïe et considérable d’offrir ce que nous avons de meilleur en nous : une réflexion commune et partagée visant à sécuriser notre monde de demain, et permettre aux générations qui nous succèdent de grandir et de s’épanouir avec le plus de sérénité et d’amour possibles. Il est grand temps de reconsidérer notre existence unie et nos modes de consommation [5], ainsi que le sens même qu’il nous est permis d’accorder à la vie. Non pas, certes, de celle qui consiste à s’affubler l’inexorable vision des jours qui s’écoulent (et s’écroulent, parfois) [6]. Mais plutôt du lien transcendantal et naturel qui nous rassemble vers un demain commun, qu’il nous appartient à chacun de rendre meilleur, plus beau et plus certain.

S’il est une épreuve que la nature nous inflige, c’est bien celle d’une prise de conscience qui se veut urgente que nos façons de faire sont à réappréhender, à réapprivoiser dans une force mutualisée, et qui demande à chacun, dès lors, abnégation, civisme, respect des consignes et de l’ordre établi, solidarité et entraide [7]. Il en naîtra alors, lorsque le temps laissé à la nature de reprendre ses droits et de stabiliser les consciences nous le permettra, le partage le plus équivoque que cette épreuve conjointe aura permis de reconstruire, et qui aura eu le mérite, gageons-le, d’enseigner l’une des plus belles leçons d’humilité affligée à l’animalité humaine [8].

Et au crépuscule d’un combat qui s’annonce fastidieux et lourd de sens, nous pourrons de concert être fiers d’essaimer les graines de notre avenir sur le terreau fraternel le plus fertile qui soit, et des plus équilibrés !

Battez-vous comme vous n’avez encore jamais combattu, au nom de ce dont on doit être le plus fiers : la beauté d’espérer et le partage de tout ce qu’il nous reste encore à vivre ensemble.

Benjamin BECKER
Coordonnateur paramédical de la recherche en soins
CHU de Nîmes / GHT Cévennes-Gard-Camargue
Doctorant en philosophie morale
UGA/ENS de Lyon
ED 437 / IphiG (EA 3699)


[1TISSERON Serge, L’empathie au cœur du jeu social, éd. Albin Michel, 2010.

[2VAN CAUWELAERT Didier, La bienveillance est une arme absolue, éd. L’observatoire, Paris, 2019.

[3FOUCHARD I. et al., Les sens de la privation de liberté, éd. Mare et Martin, Paris, 2019

[4LÖWY Ilana, L’emprise du genre masculinité, féminité, inégalité, éd. La Dispute, Paris, 2006

[5DUBOIN M. et GIRAUDEAU H., L’abus de consommation responsable rend heureux !, éd. Eyrolles, Paris, 2020

[6BERGSON Henri, Essai sur les données immédiates de la conscience, éd. PUF, Paris, 2013

[7KAUFMANN V. et RAVALET E., L’urbanisme par les modes de vie, éd. Metispresses, Paris, 2019

[8LEGENDRE Pierre, L’animal humain et les suites de sa blessure, éd. Fayard, Paris, 2016


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