Campagne de vaccination : le Directeur d’un institut de cancérologie lance un appel

lundi 11 janvier 2021, par Bruno Benque

La campagne de vaccination tarde à trouver son rythme de croisière en France et pourtant certains établissements de santé sont prêts depuis quelques semaines à inoculer l’antidote au COVID-19 à leurs patients et leurs personnels soignants. C’est la cas de l’Institut Ste-Catherine d’Avignon qui attend désespérément les trois mille doses dont il a besoin pour assurer avec efficacité cette mission. Nous avons rencontré Roland Sicard, le Directeur Général de cet établissement, qui lance un appel pour que les soignants exerçant dans cette structure et les patients les plus lourdement traités en oncologie puissent être pris en charge rapidement.

La France est à la traine dans sa politique de vaccination des populations contre le COVID-19. Et même si une accélération a été amorcée ces derniers jours, nous sommes loin des taux de vaccination enregistrés à l’étranger.

Une campagne de vaccination française en retard sur les pays étrangers

D’après plusieurs études, c’est Israël qui fait figure de meilleur élève avec ses 20% d’habitants vaccinés, devant les Émirats Arabes Unis (11%) et Bahrein (5%) et un grupetto composé des USA, du Royaume-Uni et du Danemark (2%). La France ne se place même pas dans les vingt premiers pays dans ce domaine, avec une large partie de sa population qui prévoit faire de la résistance lorsqu’arrivera son tour de se faire vacciner. D’autres au contraire attendent avec impatience que les fameuses doses soient mises à disposition. C’’est le cas de Roland Sicard, Directeur de l’Institut de cancérologie Ste-Catherine d’Avignon, que nous avons rencontré.

L’Institut Ste-Catherine est prêt à vacciner trois mille personnes

Dans cet établissement, tout est prêt pour recevoir les personnes qui sont éligibles à une vaccination dès maintenant, à savoir les patients de plus de 75 ans et les soignants de l’établissement. Sauf que les doses tardent à arriver. « Nous avons potentiellement 3 000 personnes à faire vacciner, notamment des patients fragilisés par des traitements anticancéreux qui sont exposés au risque de COVID-19, de même que 500 personnels soignants, annonce en préambule Roland Sicard. Nous avons instauré des mesures très strictes dans notre établissement, comme l’isolement des patients, l’autorisation d’une visite par semaine avec masque, gants, voire surblouse pour le visiteur. Et dans un contexte de prise en charge oncologique, cette situation ajoute à la charge émotionnelle des patients et des familles, mais également pour notre personnel. »

Le souvenir d’une période d’une extrême tension

L’Institut Ste-Catherine a subi de plein fouet la deuxième vague, avec une participation à l’effort de guerre lorsque les autres établissements régionaux étaient saturés au mois de novembre 2020, et a donc connu la forte pression engendrée par le flux de patients à prendre en charge en urgence. Et parce qu’il ne souhaite pas revivre un pareil épisode, Roland Sicard attend avec impatience l’arrivée des doses de vaccin. « Les choses tendent à s’accélérer ces derniers jours, admet-il. Nous avons eu peur que nos patients soient les grands oubliés du ministère mais j’ai obtenu quelque assurance de l’ARS. Nous avons des patients jeunes également et ils doivent être pris en charge rapidement. Nous sommes capables, aujourd’hui, de vacciner en quinze jours tous nos patients et notre personnel. Il suffit de nous mettre à disposition 3 000 doses. »

Aucune information claire sur l’agenda ni sur la quantité de doses attendue

Le message est clair : pourquoi compliquer le processus en essayant de créer des centres externes de vaccination alors que certains établissements de santé sont déjà prêts ? D’autre part, même si les tutelles se veulent rassurantes, Roland Sicard n’a reçu aucune feuille de route précise, aucune information sur la quantité de doses à recevoir, ni aucun calendrier pour anticiper l’organisation de la vaccination. Seul le Centre Hospitalier d’Avignon a, jusqu’à présent dans la région, fait l’objet d’un approvisionnement avec un aiguillage partiel des doses vers les EHPAD notamment. « Tout l’enjeu, aujourd’hui, est d’obtenir un schéma clair de délégation de la vaccination pour que la campagne soit efficace et réalisée dans de bonnes conditions », ajoute Roland Sicard.

UNe majorité de soignants prêts à se faire vacciner

Il aborde également le consentement des patients à recevoir le vaccin, un consentement qui passe par les médecins cancérologues qui leur donneront une information précise et des recommandations personnalisées en fonction du traitement oncologique qu’ils suivent. Et puis, il y a le consentement des soignant à obtenir également. « Dans notre établissement, une grande majorité de soignants souhaitent se faire vacciner, poursuit-il. À titre d’exemple, au mois de novembre dernier, nous avons enregistré trois fois plus de vaccination contre la grippe que pour l’année précédente. L’attente est, en fait très forte pour agir contre le COVID-19. Les soignants seront vaccinés en priorité, ainsi que les patients les plus fragiles, comme je l’ai demandé à l’ARS. »

Il lance donc un appel aujourd’hui pour que l’établissement qu’il dirige puisse rapidement recevoir les doses attendues, organiser la vaccination en priorisant les soignants et les patients faisant l’objet des traitements oncologiques les plus lourds, mais également assurer le suivi biologique de ces derniers afin d’éviter l’injection d’une seconde dose à J21 s’ils ont obtenu l’immunité.

Propos recueillis par Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


Partager cet article

TOUT L’ÉQUIPEMENT DES CADRES DE SANTÉ

IDE Collection a regroupé tout le matériel nécessaire au management de vos équipes : livres, revues, fournitures, stylos, tenues, idées cadeaux...

Découvrir nos produits

Vous recrutez ?

Publiez vos annonces, et consultez la cvthèque du site EMPLOI Soignant : des milliers de profils de soignants partout en France.

En savoir plus