Amélioration du système de Santé : les professionnels médico-techniques et rééducateurs ont les yeux rivés sur le Sénat

mardi 16 février 2021, par Bruno Benque

À la veille de la reprise des discussions sur la Proposition de Loi visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification par les sénateurs, les professionnels médico-techniques et rééducateurs se rappellent au bon souvenir des parlementaires. Dans un communiqué publié par l’UIPARM qui les représente, ils annoncent qu’ils se montreront très attentifs à l’Avenant N°99 de ce texte, ainsi qu’aux dispositions qui seront prise en matière de gouvernance des hôpitaux et du rôle que les cadres de santé et directeurs de soins pourront y jouer.

Alors que la Proposition de Loi visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification sera ré-examinée par la Commission des Affaires sociales du Sénat ce 17 février 2021, les professionnels paramédicaux sont sur le qui-vive, espérant obtenir plus de considérations de la part des parlementaires chargés de s’y pencher.

Un texte législatif élagué à la tronçonneuse par les parlementaires

Il faut dire que cette commission a adopté, lors de la séance précédente, un texte élagué à la tronçonneuse puisqu’elle a supprimé 10 articles sur les 37 qu’il contenait. Elle a notamment supprimé l’article 1er qui proposait initialement la création d’une « profession médicale intermédiaire », une initiative rejetée en bloc par les professionnels de santé, pour des raisons diverses selon leur filière d’appartenance. D’autres dispositions non pertinentes ont également été mises sous silence, concernant l’attractivité des professions hospitalières publiques ou la gouvernance médicale de l’hôpital en valorisant le rôle du chef de service et le personnel médical dans la gestion de l’établissement, le personnel paramédical étant mis sous l’éteignoir dans ce domaine.

Les professionnels médico-techniques et rééducateurs très attentifs sur l’Avenant N°99

Les professionnels de Santé sont donc attentifs aux discussions qui seront menées demain au Sénat. Les acteurs du médico-technique et de la rééducation sont en première ligne et se sont exprimés par un communiqué de l’Union Interprofessionnelle « d’auxiliaires médicaux » (UIPARM), qui rassemble les kinésithérapeutes, les manipulateurs d’électroradiologie, les techniciens de laboratoire, les diététiciens nutritionnistes, les ergothérapeutes et les préparateurs en pharmacie. Réunie en Conseil d’Administration extraordinaire le 15 février 2021, l’UIPARM a souhaité faire part de son intérêt auprès des sénateurs, ainsi que du Gouvernement, à propos de l’amendement n°99 visant à créer un statut hospitalo-universitaire qui donnerait de nouvelles prérogatives à l’ensemble des auxiliaires médicaux titulaires d’un doctorat de sciences.

Pouvoir accéder à un statut de chercheur quel que soit l’établissement d’exercice

Ce texte leur donnerait l’opportunité, « soit d’accéder à un nouveau corps de praticien-chercheur, qu’il convient de créer dans la Fonction Publique Hospitalière et transposer dans les conventions collectives du secteur de la santé, et ainsi de conserver une activité clinique tout en y liant une fonction recherche, soit d’accéder au corps d’enseignant-chercheur de l’enseignement supérieur de la fonction publique d’État en conservant une activité clinique ». Il permettrait, en outre, aux professionnels exerçant en dehors du contexte hospitalo-universitaire, dans les hôpitaux satellites ou établissements privés, de valider les évolutions de leurs pratiques et de leurs savoirs, ce qui améliorerait l’attractivité des métiers, voire des établissements concernés, au travers de plans d’évolution de carrières mieux formalisés.

C’est l’heure de vérité pour les cadres de santé et les directeurs de soins

Sur le registre de la gouvernance des hôpitaux, l’UIPARM soutient également les amendements visant à mieux valoriser la place et le rôle des cadres de santé et des directeurs des soins, le texte initial ne leur ayant laissé, nous l’avons vu plus haut, aucun espoir de pouvoir jouer un quelconque rôle à l’avenir. Elle appelle en outre la représentativité nationale à rechercher les solutions qui permettraient à la profession de Préparateur en Pharmacie de bénéficier elle aussi des avancées obtenues par les autres professions paramédicales, dont par exemple celle de l’attendu statut hospitalo-universitaire.

Elle affirme enfin, dans son communiqué, que « l’ensemble des professionnels médico-techniques et rééducateurs des associations constitutives de l’UIPARM seront particulièrement attentifs à l’évolution de ce texte qui s’il veut réellement inscrire la confiance et œuvrer au décloisonnement doit bénéficier d’une écoute très attentive de la part de ses porteurs et de la représentation nationale ».

À bon entendeur ....

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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