Réforme de la formation de cadre de santé : les pistes du groupe de travail

lundi 17 mars 2014, par APM-International

Le groupe de travail sur la formation de cadre de santé animé par la direction générale de l’offre de soins (DGOS) privilégie une réforme différenciant davantage les enseignements destinés aux futurs cadres « managers » et ceux s’adressant aux cadres formateurs, a-t-on appris le 13 mars 2014 auprès de Michèle Lenoir-Salfati, sous-directrice des ressources humaines du système de santé par intérim.

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La première phase de la réingénierie du diplôme de cadre de santé, c’est-à-dire la rédaction des référentiels d’activités et de compétences, s’est achevée en 2013, a rappelé la responsable.La phase suivante, qui doit déboucher sur un référentiel de formation (déroulement du cursus, articulation entre les unités d’enseignements...) a été suspendue par le gouvernement dans l’attente du rapport des Inspections générales des affaires sociales (Igas) et des affaires de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) sur l’universitarisation des formations paramédicales, finalement publié le 18 février 2014

La DGOS attend le feu vert du cabinet de la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, pour reprendre les travaux de réingénierie de la formation de cadre, a indiqué Michèle Lenoir-Salfati. Néanmoins, le groupe de travail a continué à examiner les différentes pistes possibles, de façon à pouvoir « aller assez vite à l’arbitrage » ministériel lorsque la réingénierie reprendra. La DGOS va rédiger une synthèse de cette « phase exploratoire ». Le groupe de travail rassemble les syndicats représentatifs, les associations d’instituts de formation, les conférences hospitalières, trois fédérations hospitalières (FHF, FHP et Fehap) et l’Association française des directeurs des soins (AFDS). Piloté par la DGOS, il n’associe pas encore, à ce stade, de représentant du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Actuellement, le cursus en institut de formation des cadres de santé (IFCS), est quasiment identique pour les futurs formateurs et pour les responsables d’équipes des soins, a expliqué Michèle Lenoir-Salfati. Le nouveau schéma « préférentiellement demandé par le groupe » de travail serait « en forme de Y », avec un tronc commun (enseignements sur le fonctionnement du système de santé, le statut de cadre, etc.) et deux spécialisations (management ou formation). Des passerelles entre ces deux profils resteraient accessibles par la formation continue. Un autre souhait du groupe est de promouvoir la validation des acquis de l’expérience (VAE). Elle bénéficierait aux agents « faisant fonction » de cadre avant leur entrée à l’IFCS, ou ayant pratiqué le management dans une entreprise, par exemple.

Davantage de terrain, condition d’une extension à deux ans

Le groupe a également insisté sur l’alternance entre les enseignements théoriques et la pratique professionnelle, réfléchissant aux moyens de placer véritablement les étudiants d’IFCS « en situation de cadre » lors de leurs stages. Certains établissements pourraient employer le futur cadre en doublon avec un collègue, tandis que d’autres lui confieraient, seul, un poste vacant avant la fin de sa formation, a exposé Michèle Lenoir-Salfati, tout en avertissant que cette piste, comme les autres, resterait à confirmer et préciser. Les membres soutiennent largement un allongement à deux ans de la durée de la formation, contre 10 mois actuellement. La condition, pour les employeurs, serait de peu étendre les enseignements théoriques, tout en développant la prise de fonctions de la personne pendant les stages.

Globalement, le groupe semble défavorable à un diplôme entièrement universitaire, et penche plutôt pour conserver un diplôme « sanitaire », avec la reconnaissance d’un grade universitaire (comme la licence des infirmiers de soins généraux depuis 2012). Des membres ont exprimé leur souhait d’une reconnaissance au niveau master. Cela a globalement été décrit par le groupe « comme quelque chose qui aurait du sens », mais n’a pas été posé par les participants comme un préalable à l’avancement des travaux, a rapporté Michèle Lenoir-Salfati. « On en a très peu parlé », a-t-elle noté.

A la question de l’opérateur chargé de délivrer la formation, le groupe plaide pour dépasser le modèle actuel des IFCS (dont certains, avec une trentaine de places, semblent sous-dimensionnés) tout en voulant éviter une intégration complète à l’université. Les acteurs penchent plutôt pour un regroupement d’IFCS sous forme d’instituts régionaux du management, se rapprochant du modèle préconisé par Chantal de Singly en 2009 .

Interrogée par l’APM pour savoir s’il était envisagé de former différemment, dans le cadre de la réingénierie, les cadres de santé et les cadres supérieurs de santé, Michèle Lenoir-Salfati a répondu que cela relèverait plutôt de la formation continue, mais que la formation initiale concernerait seulement l’accès au corps de cadre de santé.

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