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La formation des managers hospitaliers est-elle trop corporatiste ?

jeudi 23 janvier 2020, par Bruno Benque

Quels pourraient être les leviers d’une meilleure formation des cadres statutaires des établissements de Santé et médico-sociaux, plus ouverte et défiant les corporatismes ? Le Laboratoire d’Idées Santé Autonomie (LISA) soumet une proposition : supprimer l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP). Explications...

Alors que les acteurs de la formation des cadres de santé, Directeurs d’instituts, formateurs et groupes de réflexion sur ce thème, sont dans l’expectative quant au devenir de la réingénierie de cette formation, le Laboratoire d’Idées Santé Autonomie (LISA) propose de trancher dans le vif pour amorcer la réforme en supprimant l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP).

Une idée ancienne de créer un statut de manager de Santé

Voilà qui a de quoi étonner et faire bondir les partisans de cette institution d’où sortent les Directeurs d’hôpitaux et d’établissements médico-sociaux, ainsi que les Directeurs de soins de la Fonction publique hospitalière. Mais pour argumenter ce propos, les auteurs du Laboratoire LISA prédisent que la suppression de l’École, comme celle de l’École Nationale Supérieure de Sécurité sociale (EN3S) d’ailleurs, pourrait s’inscrire dans la mouvance de la lutte contre les corporatismes. Ils évoquent en cela l’idée défendue par Michel Rocard à l’époque de rapprocher les formations de la sphère de la protection sociale et du champ de la santé, de façon à parvenir à un statut commun de manager de santé. Une philosophie qui est souvent reprise de nos jours par les observateurs.

Des économies budgétaires et une entrave au corporatisme

Ils tentent également de peser le pour et le contre d’une suppression pure et simple de l’École. Du côté des inconvénients disent-ils, « on regrettera la perte d’un creuset pour la formation des managers du secteur public hospitalier ou médico-social, le renoncement à la constitution d’un ethos du service public, les moyens donnés à quelques équipes de recherche ». Ils y opposent les avantages de l’économie budgétaire que cela pourrait engendrer ainsi que de la qualité de la formation et les effets bénéfiques en termes de corporatisme notamment. Ils évoquent en effet le déficit chronique d’une telle institution par rapport aux meilleures universités françaises ou aux écoles de management, qui « ont développé des ressources de recherche importantes en matière de santé publique, d’économie, de droit, de gestion des ressources humaines, de finances ou de management des organisations de santé.

Confier la formation des cadres aux universités et aux écoles de management

Ils évoquent d’autre part la propension des établissements privés, à but lucratif ou non, à recruter leurs cadres statutaires dans les rangs de ces universités et écoles de management plutôt qu’à l’EHESP dont l’offre de recherche et de formation est jugée inférieure aux standards académiques internationaux sur les formations au management. On en vient donc à la vocation première de l’EHESP, qui serait principalement de préserver le corporatisme ou bien, comme le disent les auteurs, à « cultiver l’entre soi et l’esprit de corps dans sa pire acception ». En confiant aux universités la formation de nos cadres dans le champ de la santé, avec les moyens jusque-là consacrés à l’EHESP, le management des organisations de Santé dans la sphère publique bénéficierait « du croisement des expériences entre le public et le privé et entre les secteurs ».

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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