Des diététiciennes engagées dans la lutte contre la dénutrition de la personne âgé à son retour à domicile

Les diététiciennes de l’AP-HM ont exposé, lors de la Journée « Energie soins », le travail qu’elles ont entamé auprès de la personne âgée et de son entourage afin de réduire les risques de dénutrition au domicile au travers d’ateliers thérapeutiques, en les rendant acteurs de leur prise en charge.

C’est à l’occasion de la journée « Energie soins », qui s’est déroulée le 19 octobre 2017 dans les locaux de l’hôpital de la Timone à Marseille, que les diététiciennes de l’Unité de Diététique Thérapeutique des Hôpitaux Sud de l’APHM ont présenté leur projet de lutte contre la dénutrition de la personne âgée face à une prévalence importante chez ce public.

Un projet innovant pour lutter contre la dénutrition

La personne âgée nécessitant une prise en charge spécifique, elles ont initié un projet en collaboration avec le cadre de santé du service de gériatrie de Marseille Sud. Dans les services de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR), le manque de connaissances des patients et des aidants en ce qui concerne le risque nutritionnel est souvent pointé. Il convient pour préparer le retour à domicile d’apporter de façon ludique des outils et informations aux patients et aux aidants pour lutter contre la problématique de la dénutrition de la personne âgée et, ainsi, contribuer au maintien d’un bon niveau d’autonomie.

La spécificité de ce projet est la prise en charge personnalisée des patients dénutris ou à risque de dénutrition au travers d’un suivi pluridisciplinaire. Les oratrices ont expliqué que « ...le projet est articulé autour de trois ateliers. Les patients éligibles sont sélectionnés lors du staff, ou de leur propre initiative, une affiche explicative étant exposée dans l’unité. » Ces ateliers accueillent aussi les aidants : familles, amis, aides ménagères, voisins, actifs au quotidien pour la gestion, la réalisation ou la distribution des repas.

Des ateliers ludiques pour optimiser l’alimentation des patients

Le rythme mensuel est de 3 ateliers d’une heure. Les thématiques sont proposées dans un esprit d’éducation thérapeutique du patient avec des échanges interactifs. A son admission, chaque patient bénéficie d’un bilan nutritionnel personnalisé et, à sa sortie, de la rédaction d’un résumé de sortie diététique avec une préconisation adaptée. Les ateliers sont sous forme d’exercices ludiques : menus, repérage des aliments riches en protéines, utilisation d’aliments factices, présentation des différents types de compléments nutritionnels oraux. Des affiches colorées permettent aux aidants et aux patients d’avoir connaissance de ces ateliers et des dates programmées. « Trois thématiques sont abordées : l’optimisation de l’alimentation, l’enrichissement de l’alimentation et le recours à la complémentation orale. Une grille d’évaluation des acquis est proposée à chaque fin d’atelier et des documents colorés et adaptés sont remis à la personne âgée », nous ont-elles exposé.

Des patients plus acteurs de leurs soins

Le but de ce projet est de lutter contre la dénutrition en conservant le plaisir de manger et contribuer ainsi au maintien d’une autonomie au domicile. Il doit permettre d’aider à la prise de conscience du patient de son histoire alimentaire et de sa situation nutritionnelle. L’utilisation des outils personnalisés a pour but d’améliorer l’état nutritionnel, valoriser la place de l’aidant, optimiser son implication et favoriser l’observance des CNO. Le ressenti de l’équipe, depuis la mise en place de ce projet, est plutôt positif. Les patients sont plus acteurs de leurs soins. Globalement, il est noté dans l’unité de soins une meilleure convivialité entre les patients et l’équipe au cours du séjour. L’intégration des aidants apporte une dynamique et incite les échanges (créent parfois des liens entre les patients), tout en favorisant l’appropriation des informations par le patient.

Ce projet a permis une implication pluridisciplinaire du service et un gain de temps pour délivrer les conseils. Dans l’avenir, étant réalisé à moindre coût il pourrait être transposer vers d’autres unités. L’implication des infirmiers libéraux dans une idée de continuité des soins hôpital-ville est en cours de négociation.

Samia Achouri, Jean-Pascal Bonnel, Pascale Simon
Étudiants IFCS Marseille


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