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Rapport de Singly


62 réponses à ce sujet

#1 Péachel

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Posté 29 mars 2010 - 09:30

Bonjour,

vous avez surement reçu la copie du rapport de la "mission Cadre Hospitaliers" dit Rapport de Singly... dont je vous livre le premier pragraphe :

« Maillon central », « pilier du service », « clef du changement », « référence permanente et
solide »… les mots ne manquent ni aux directeurs ni aux médecins pour souligner le rôle essentiel
que jouent les cadres à l’hôpital. Ces mots, les cadres les connaissent ; ils et elles les ont tant
entendus, eux qui ne comptent ni leurs heures ni leur énergie, pour soutenir leurs équipes,
repenser les organisations de travail autour de la qualité et de l’efficience ou répondre aux
nombreuses priorités qui s’imposent à eux. Mais au-delà des mots, quelle place occupent
réellement les cadres dans l’organisation hospitalière ? Quelle confiance leur est-elle faite dans
leur capacité à conduire leurs équipes ? Comment sont-ils associés aux décisions stratégiques de
l’établissement ? Quelle reconnaissance reçoivent-ils et perçoivent-ils de ceux qui les encadrent et
de ceux dont ils sont partenaires ?



Alors qu'en est il ? ce rapport occulté par le problèmes de l'ordre Ovni, que va t il devenir ? Quelle reconnaissnce allons nous obtenir, nous cadres de santé ? médico tech, cadres sup , cadres de pôle, de secteur, de proximité et de terrain....
J'ouvre ce fil en forme de coup de gueule et d'expression d'un ras le bol grandissant, un fil exutoire, au nom des cadres qui ont craqué, de ma collègue qui s'est suicidée il y a 4 ans et au nom de tous ceux et celles qui subissent, s'harassent et se crèvent au boulot à essayer de faire tourner la boutique avec des effectifs qui fondent comme neige au soleil et des exigences démesurées, incompréhensibles et souvent totalement déconnectées de la réalité !

Voilà, .. un coup de gu.... sur un coup de tête parce que ça commence à bien faire de devoir tout résoudre parce que "en haut" on exige des résultats sans tenir compte de la réalité du terrain !!!....
un peu comme si chez Ferrarri on reprochait au pilote d'être arrivé troisième au 24h du Mans avec une voiture à pédale !

#2 REG

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Posté 30 mars 2010 - 07:19

Bonjour Péachel,

je suis bien d'accord avec tout ce que tu viens d'énoncer. J'ai beaucoup suivi l'actualité de ce rapport, qui n'en n'a plus vraiment d'ailleurs...Mme De Singly ayant été nommée à la tête d'une ARS, elle n'a que faire de ce que son rapport a bien pu devenir, quant aux cadres de santé qui lui étaient si chers (chèrs?) il y a quelques mois, elle s'en fiche maintenant!!! D'autres priorités, d'autres missions sans doute...
Bref, oui, on en marre!!! oui, nous voudrions être vraiment reconnus à la hauteur du travail fourni!!!
Quant à l'état d'esprit des collègues, dans mon établissement, ces derniers s'arrêtent épuisés, maltraités par la gente médicale "toute puissante", sans compter tous ceux déjà partis depuis ma propre arrivée (il ,n'y a que 3 ans)...
Le constat est triste mais bien réel, on nous a oublié!!!
Bon!!! Elle est partie maintenant que je suis à sa place, que vais-je faire ???

#3 ouste

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Posté 30 mars 2010 - 09:06

Pourtant, tout va tellement bien! Reconnus, soutenus, sur payés, bienvenue dans "oui oui à l'hôpital". Pour un peu je deviendrai gaulliste: "les cadres sont des veaux". Et j'en fais partie.

Voir le messageREG, le 30 mars 2010 - 07:19 , dit :

Bonjour Péachel,

je suis bien d'accord avec tout ce que tu viens d'énoncer. J'ai beaucoup suivi l'actualité de ce rapport, qui n'en n'a plus vraiment d'ailleurs...Mme De Singly ayant été nommée à la tête d'une ARS, elle n'a que faire de ce que son rapport a bien pu devenir, quant aux cadres de santé qui lui étaient si chers (chèrs?) il y a quelques mois, elle s'en fiche maintenant!!! D'autres priorités, d'autres missions sans doute...
Bref, oui, on en marre!!! oui, nous voudrions être vraiment reconnus à la hauteur du travail fourni!!!
Quant à l'état d'esprit des collègues, dans mon établissement, ces derniers s'arrêtent épuisés, maltraités par la gente médicale "toute puissante", sans compter tous ceux déjà partis depuis ma propre arrivée (il ,n'y a que 3 ans)...
Le constat est triste mais bien réel, on nous a oublié!!!

Quand la porte est ouverte, il ne faut pas attendre qu'elle se ferme.
www.kenpokai.fr

#4 Charlaine

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Posté 30 mars 2010 - 06:48

Voir le messagePéachel, le 29 mars 2010 - 09:30 , dit :

....
un peu comme si chez Ferrarri on reprochait au pilote d'être arrivé troisième au 24h du Mans avec une voiture à pédale !

tant ne sont pas les pédales ou le moteur qui comptent que de tenir soi-même le volant pour arriver où l'on veut !! :biggrin:

Singly... oublie des formateurs.... pff !! Les cadres sont des veaux ? J'avais l'impression qu'on nous prenait pour des vaches à lait ces derniers temps... Bon on se mobilise ? On se fait un sondage de qui est content ? qui a envie de rester chez son employeur ? de rester ? Partir de la profession ? qui se sent reconnu ? bref une prise de température de l'ambiance corporatiste cadre de santé en direct...

Juste pour savoir si nous sommes seulement une poignée de "toujours jamais content" dans la profession... Que pense la majorité silencieuse ?
Charlaine Durand
Cadre de santé infirmier
Formatrice en IFSI

"Pour que le mal triomphe... il suffit que les hommes de bien ne fassent rien" Edmund Burke, Homme d"état et philosophe irlandais.

#5 REG

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Posté 31 mars 2010 - 10:31

très bonne idée Charlaine :biggrin:
Lançons un post pour savoir qui en a marre de ses conditions de travail et qui ne cesse de regarder hospimob ou FHF, section emploi...
Bon!!! Elle est partie maintenant que je suis à sa place, que vais-je faire ???

#6 slk1730

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Posté 31 mars 2010 - 04:20

il me reste 7 ans à faire, je vais les faire mais sans grand enthousiasme,
j'ai quitté les soins il y a quelques années, car épuisée, déçue, fatiguée voir certains jours angoissée, ma santé physique et mentale étaient menacés (j'ai du voir la médecine du travail)
un ras le bol de l'hôpital et ses contraintes, ses abérrations, ses incohérences
je suis en IFSI mais suis je mieux?
contraintes différentes mais avec ce nouveau programme tout se fait dans l'urgence sans vraiment le temps de se poser et de mener une véritable rélféxion pédagogique, ça me dégoute parfois de travailler comme cela, j'ai l'impression de faire du montage plus ou moins bon et d'être devenu un évaluateur, plus de notes MSP mais des notes, des notes et des évaluations théoriques à corriger!!!

bref si faut répondre au sondage : non je ne suis pas contente de ce que je fais et qui plus pour couronner le tout, un salaire de misère!!

#7 Péachel

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Posté 01 avril 2010 - 09:20

Le malaise cadre existe je pense depuis longtemps, plombé par notre trop bonne conscience professionnelle, les tourbillons dans lesquels nous sommes quotidiennement aspirés, la triangulation de nos responsabilités en rapport avec notre position au centre d'un triangle parfaitement dramatique dont les sommets sont : Administration - Equipe soignante (Medicale et non médicale) - Personnes soignées - Tous persécuteurs, ce qui le différencie du triangle dramatique commun.

Il nous à été attribué toute une somme de tâches particulièrement chronophages, à réaliser dans un temps imparti inextensible et parasité par notre travail de base quotidien duquel nous sommes de plus en plus éloignés par l'obligation des exigences institutionnelles.

Je comprend tout à fait la pression que doivent subir nos directions respectives face aux exigences des tutelles, des ARS et consorts.
Je comprend aussi parfaitment que les logiques administratives, financières et soignantes sont des logiques totalement différentes qui interagissent entre elles.
Je comprends parfaiment que l'hôpital est en pleine mutation imposée au nom de l'économie de santé,( à ce propos ce serait bien que nous économisions la notre..de santé !!!)
Ceci dit, nous sommes aussi responsables de celà car n'avons pas su, ni pu non plus, fédérer et déterminer clairement quel était notre rôle nos missions, nos compétences (avons nous un décret de compétence ? le décret infirmier ne correspondant en rien à nos réalités, ni à nos missions quotidiennes !!)

Je ne lance pas un appel à la révolte, mais il me semble que de se fédérer et se rappeler au bon souvenir de nos responsbles au plus haut point serait de bon aloi car, si un jour les cadres dit "de terrain" se mettaient réellement en grève, je reste persuadé qu'au bout de deux semaines, l'hôpital ne tourne plus du tout !!
Pas de planning, pas de visite, pas de référents, pas de projet, pas de comité de pilotage, pas de rapport circonstancié, pas de mouvements de patients, pas d'activité, pas de lien avec le terrain !!!......

Il me reste aussi quelque chose comme une dizaine d'années "à tirer", j'aime toujours ce que je fais, je suis très attaché aux soins auprès des personnes autant qu'au fonctionnement des équipes, au dialogue et au management humain, j'ai trainé mes sabots verts dans pas mal de secteurs, depuis le SAU à la Pédo Psy j'ai bourlingué entre la néphro transplantation, la dialyse, la cardio, langioplastie, la réa pédiatrique, aujourd'hui la psy et la pédo psy avec son lot d'ignominies, mais je craque aussi. 12 à 14h pour essayer de boucler une journée sans être embolisé par le téléphone, les demandes de repos, les arrêts maladie, les groupe de travail, les audit qualité, les enquètes satisfaction, les équipages H.O, le clash dans l'unité, les formations, les précisionnels, les entretiens..... et malgré ça, sur le trajet du retour ce perpétuel sentiment d'insatisfaction parce que pas eut le temps de tout boucler et que demain va pas falloir oublier que ceci, penser à cela et rattraper le reste....

comment dormir sereinement avec ça ? comment se réaliser pleinement avec ça.... 14 besoins disait Virginia,.... dont lesquels déjà ?......

#8 Charlaine

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Posté 01 avril 2010 - 09:46

Cadre de santé : une enclume à plusieurs marteaux... Existe-t-il une étude sur la durée de vie professionnelle de notre profession ? Sur les maladies professionnelles liées à nos conditions de travail (je ne parle pas des horaires ou de la rémunération, mais la gestion des logiques -et donc de messages- contradictoires, la charge mentale rélle due à la multiplicité des tâches mais aussi à leur morcellement constant, le vécu d'impuissance quotidien face à cette responsabilité que l'on nous renvoie en miroir comme défaillante...) ? Ce serait intéressant... c'était le rôle des syndicats de faire cela il fut un temps...

Je vous ai préparé un sondage dans le forum blabla... mais je ne peux poser que trois questions dans ce message avec une possibilité de 20 réponses pour chacune d'elles... faire le tour de la situation en trois questions... c'est un défi pour cadre de santé ça... :biggrin:
On pourrait aussi le faire en deux messages pour avoir 6 questions... si besoin... selon vos propositions (jusqu'au vendredi 5 avril, date des dernières modifications possibles)

Tu as mis le doigt sur un élément important Péachel et qui serait à même d'expliquer en partie la souffrance des cadres infirmiers (pour les autre filières, je ne m'avance pas) : la bonne conscience professionnelle. Dans quelles mesures le cadre de santé ne se rend-il pas responsable des possibles conséquences de la politique de management de l'établissement sur l'équipe et les patients ?
Identifié comme "le dernier filtre" auprès du paient dans sa profession initiale, ce statut de "dernier filtre" et donc responsable de ce qui se fait, de ce qui arrive, n'est pas là encore très, trop actif, et donc source de ce vécu d'impuissance douloureuse ? On le rend bien responsable de la qualité et de la sécurité des soins... n'est-ce pas là une mission impossible puisque l'on ne lui donne pas carte blanche quand aux moyens pour y arriver ?
Charlaine Durand
Cadre de santé infirmier
Formatrice en IFSI

"Pour que le mal triomphe... il suffit que les hommes de bien ne fassent rien" Edmund Burke, Homme d"état et philosophe irlandais.

#9 Péachel

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Posté 01 avril 2010 - 06:46

Plusieurs questions, comme ça, brutes de fonderie et à brûle pourpoint :

Quel est la réelle place du cadre de santé dans l'institution ?

Quelles sont ses réelles missions et tout son travail sert il réellement à quelque chose, quelle reconnaissance en tire-t-il (ou elle )?

Cadre charnière ou cadre fusible ?

Pourquoi un cadre de santé doit il être partout à la fois, donner son avis partout et sur tout, participer à tout, courrir partout, répondre à tout, répondre mais sutout ne pas l'ouvrir... Obéir comme un ... toutou ???

Pourquoi peut on se permettre d'affecter un cadre à tel ou tel poste sans trop lui demander son avis alors qu'agir de la sorte avec un agent provoque parfois des raz de marée ?

Pourquoi le fait de vouloir devenir cadre engendre tant de soupçons ?




et puis ma question provocatrice préférée :

Faut il absolument avoir été soignant pour être cadre à l'hôpital aujourd'hui ? (Argumentez-développez... :biggrin: )

#10 tydé

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Posté 01 avril 2010 - 07:56

Voir le messagePéachel, le 01 avril 2010 - 06:46 , dit :

Quel est la réelle place du cadre de santé dans l'institution ?

le cadre est un peu comme l'électron captif dans la physique quantique: il est sur une certaine orbite, mais on ne peut pas dire où et quand exactement: tantôt avec des équipiers, tantôt à prendre la sauce, parfois en réunion, ou en train de faire des "courses" pour le service etc. De ce fait, cadre, ce n'est pas une position, mais une ellipse improbable et imprévisible tant les champs sont nombreux, les services particuliers, les directions "omnidirectionnelles".

On demande au cadre de manager, mais en laissant médecins et directions le contraindre sans cesse dans son autonomie très relative et contextualisée. En fait, dans l'hôpital, celui qu'on laisse le moins avoir une vision de sa fonction, c'est le cadre alors que tous les autres, de l'ASH au directeur en passant par les médecins savent ce que doit être un cadre, sans évidemment en être d'accord entre eux.

Le cadre est censé être le couteau suisse et le Mac Gyver de l'instituion : avec trois bouts de ficelles et un morceau de tuyau, il doit conduire un paquebot comme une ferrari.






Citation

et puis ma question provocatrice préférée :

Faut il absolument avoir été soignant pour être cadre à l'hôpital aujourd'hui ? (Argumentez-développez... Image IPB )

Oui!!!, même si être soignant n'est pas qu'être infirmier. Sans la connaissance des aspects bien réels, complexes, difficiles à vivre dans la vie "au chevet" du malade, on pourrait croire qu'il ne s'agit que de produire des boulons tous calibrés pareillement.

Ce n'est qu'en tendant ses voiles que le marin transforme le vent en voyage.
Thierry Desbonnets ("Tydé"), psychomotricien cadre de santé en disponibilité

#11 Péachel

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Posté 02 avril 2010 - 12:30

je l'ai bien précisé, ma question est volontairement provocatrice... de réaction et de réflexion, bien entendu !
j'aime bien la métaphore Couteau suisse et bout de ficelle, elle est éloquente.

J'ajouterais, toujours avec cette volonté non pas d'agresser mais de faire réfléchir/réagir :
Ne sommes nous pas aussi un peu responsables de nos propres épuisements ?
Notre place, aussi mal définie qu'elle l'est en dépit des fiches de poste et autre fiches métiers mérite une redéfinition claire et précise, c'est un fait, mais n'est ce point risqué pour l'institution que de clarifier les choses ?

En quoi sommes nous tenus de réaliser tout ce qui nous est demandé dans les conditions dans lesquelles nous devons les réaliser ? Qui n'a jamais entendu dire " un cadre n'a pas d'horaires !".

Flute ! Ne sommes nous donc point aussi, et comme n'importe quel agent, des personnels, des employés, régis par une réglementation précise. 35h, 7h56 (ou 43 ou 37 :wacko: ) par jour, pas plus de 10HS par mois pour raison exceptionelle, droit aux RTT, CA et 12h d'amplitude de repos entre deux prises de service ? les articles 2002-8 et 2002-9 ne s'appliquent-t-ils donc pas aux cadres ? de quel droit, pour quelle raison ?......

j'exagère volontairement mais, en quoi sommes nous tenus d'être ainsi parfois corvéables, disponibles, soumis, exécutants immédiats et aux ordres, parfois contradictoires, le petit doigt sur la couture de la tunique ? si ce n'est parce que nous le valons voulons bien ?...

:biggrin:

#12 tydé

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Posté 02 avril 2010 - 06:11

Le paradigme du management, infiltré d'une forte idéologie productiviste et marchande, est dominant à l'hôpital. On peut en prendre pour illustration symptomatique le manuel de l'HAS V2010 de la certification, 2 chapitres : "management de l'établissement" et "prise en charge du patient". La loi HPST, fonctionne également sur des principes proches: optimisation et mutualisation des moyens, constitution de centres de production de soins de pointe etc.

C'est à l'échelon du cadre que cela vient faire le plus conflit avec le noyau identitaire soignant qui ne voit dans le patient ni marchandise, ni client, mais un récipiendaire de soins. Comment faire, T2A oblige, pour que le patient "rapporte" le plus coté hôpital, et recoive le meilleur côté soignant ?

Quant au temps de travail du cadre, puisqu'il cumule souvent des fonctions d'organisation du temps de travail, de gestion logistique, de stratégies de l'action et de la communication, d'interface transversale avec l'institution, de "maître à panser", d'entraîneur remplaçant, de souffre douleur d'en haut ou d'en bas, etc. son temps ne tient pas dans le temps de travail. Mais qu'importe, n'est-ce pas lui en effet qui , au nom de l'exemplarité, doit ouvrir la voie d'une disponibilité et d'une énergie sans faille. Il fait partie de ces officiers qui, loin des bunkers des généraux, partent au front à l'avant de leur troupe. Est-ce aussi en cela que les cadres restent les héritiers des de la lignée "vocationnelle" quand d'autres ont revendiqués pour n'être plus "ni bonne, ni conne, ni nonne!"

Patatra, le cadre se demande soudain s'il n'est pas plus utilisé qu'utile, au point parfois, ça m'arrive, de regretter n'être plus simplement gratifié et gratifiant dans la simple relation de soin au patient. le pire est alors de se sentir sans réel pouvoir, ni contre pouvoir, car le cadre, n'est-ce pas, doit faire corps avec 'hôpital comme on le lui assène si souvent en réunion d'en haut.

Tout ça servi sur fond de judéo chrisitianisme fondateur des institutions de soins un jour de vendredi saint. Sommes nous comme le pauvre Pierre qui trahit trois fois mais qui finira par devenir pape ?

Ce n'est qu'en tendant ses voiles que le marin transforme le vent en voyage.
Thierry Desbonnets ("Tydé"), psychomotricien cadre de santé en disponibilité

#13 ouste

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Posté 02 avril 2010 - 08:07

je ne vous jette pas la pierre, Pierre, mais j'étais à deux doigts de m'agacer!

Voir le messagetydé, le 02 avril 2010 - 06:11 , dit :

Tout ça servi sur fond de judéo chrisitianisme fondateur des institutions de soins un jour de vendredi saint. Sommes nous comme le pauvre Pierre qui trahit trois fois mais qui finira par devenir pape ?

Quand la porte est ouverte, il ne faut pas attendre qu'elle se ferme.
www.kenpokai.fr

#14 Péachel

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Posté 02 avril 2010 - 08:08

Tyde, je trouve votre analyse judicieuse, pertinente et très riche d'enseignement. En peu de mots, en des termes choisis, vous résumez parfaitement l'essentiel de la problématique.

Que dire de plus si ce n'est qu'effectivement les premiers responsables de nos souffrances c'est nous. Qu'afin de devoir montrer l'exemple il nous est indispensable de s'exonérer de la faillitte et impérativement s'exclure de l'échec.

L'auto exigence que nous nous imposons tous, tous les jours, pour toujours paraitre indéfectiblement parfaits, systématiquement efficaces me fait penser à la garde impériale acculé à l'arbre de Waterloo et cernée par les anglais......

Il est où Cambronne ???

#15 tydé

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Posté 02 avril 2010 - 03:51

Voir le messageouste, le 02 avril 2010 - 08:07 , dit :

je ne vous jette pas la pierre, Pierre, mais j'étais à deux doigts de m'agacer!



Moi c'est Thierry... le hasard du calendrier a provoqué l'association. Nul besoin confessionnel pour penser que le paradigme vocationnel et compassionnel sévit peut-être davantage chez les cadres que chez les nouvelles générations.

Ce n'est qu'en tendant ses voiles que le marin transforme le vent en voyage.
Thierry Desbonnets ("Tydé"), psychomotricien cadre de santé en disponibilité

#16 Charlaine

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Posté 03 avril 2010 - 07:09

Il m'est avis que le cadre est ce qu'il était en tant que soignant... et que son travail cadre est à l'image de ses motivations : s'il l'est devenu pour tenter de rendre possible ce qu'il sentait bridé en tant que soignant : il souffre des mêmes contraintes, et même pire puisqu'il se rend compte des rouages grippés de la mission impossible dans laquelle il s'est lui-même embrigadé. Cadre ce n'est pas plus de pouvoir d'agir, c'est plus de responsabilités quand aux conséquences de ces brides.

S'il a choisi d'être cadre pour le pouvoir, le pouvoir sur les autres il y est et peut en abuser... mais comme il n'est pas animé par les valeurs soignantes, il peut alors devenir (très) violent pour son équipe, ne devenant un passeur de message que dans un seul sens... c'est un simple exécutant hiérarchique.

Cela fait pas mal de temps que je me demande si à former les étudiants avec des valeurs nous ne sommes pas à l'origine de leur future souffrance... et si à vouloir défendre ces valeurs contre vents et marrées (Plan hôpital 20007, T2A, Loi HPST..., nous n'entretenons pas nôtre propre souffrance.

"Beaucoup de votre souffrance est par vous-même choisie " Khalil Gilbran The Prophète.

Maintenant faut-il ne plus souffrir ? Et de quelle souffrance parlons-nous ? Ne plus pouvoir me regarder dans le fond des yeux tous les matins devant ma glace serait souffrance pire pour moi que celle engendrée par ma bataille quotidienne contre ceux qui "sont" le pouvoir... Ne plus souffrir est pour moi illusoire (l'éducation judéo-chrétienne sans doute, mais la joie existe-t-elle dans la bataille ? ).. alors je choisi pour Quoi souffrir...

"Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent" Victor Hugo Les châtiments
Charlaine Durand
Cadre de santé infirmier
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"Pour que le mal triomphe... il suffit que les hommes de bien ne fassent rien" Edmund Burke, Homme d"état et philosophe irlandais.

#17 REG

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Posté 07 avril 2010 - 02:05

je trouve ce post particulièrement intéressant et riche, mais suis surpris par le peu d'écho à retentir auprès des autres utilisateurs du forum...Ne serions nous qu'une tout petite poignée de cadres à être exaspérer par notre quotidien et les pressions ressenties, ou alors "les autres" se seraient-ils résignés, épuisés par leur(s) propre(s) conflit(s)individuel(s)?
La mobilisation du plus grand nombre serait-elle aujourd'hui encore possible, afin de tenter de faire changer(sinon faire levier) un tant soit peu les choses?
Je m'interroge :biggrin:
Bon!!! Elle est partie maintenant que je suis à sa place, que vais-je faire ???

#18 Péachel

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Posté 08 avril 2010 - 09:43

Nous sommes deux à nous interroger !

Je reste convaincu que nous sommes en (grande ?) partie responsables de notre propre souffrance parce que, comme beaucoup l'évoquent plus avant, nous sommes porteurs de convictions ancrées, de valeurs soignantes indéfectibles et tout à fait honorables, mais qui nous empèchent de relever la tête pour regarder en face la réalité de nos propres contradictions.

Nous nous auto flagellons ! Nous clamons notre épuisement mais prétextons ne pas pouvoir faire autrement au nom de nos sacro saintes valeurs de soignants !! Qui n'a pas dans son environnement professionnel proche un(e) collègue en dépression, en souffrance, en "Burn-Out" voire, suicidé(e) ?

Combien d'heures de travail avez vous "offert" à vos institutions depuis que vous êtes Cadre ?

Nous nous épuisons, soumis et disciplinés, parce que l'on nous inflige quotidiennement ce rappel à nos valeurs et sommes ainsi instrumentalisés par l'objet de notre propre conviction, outil de manipulation savamment utilisé car engendrant de façon quasi systématique notre auto-culpabilisation. Certes nous avons une responsabilité, une responsabilité d'encadrement, de garantie de qualité, de sécurité,... je vous refait pas tout le topo, nous le connaissons sur le bout des doigts
Est-ce autant pour cela que nous sommes aussi responsables de la situation ? Et, à fortiori, en sommes coupables ??

Nos institutions, nos environnements ( hiérarchies, directions, équipes, partenaires, patients parfois,) savent parfaitement appuyer là où ça nous fait mal parce que nous n'avons de cesse de prouver au quotidien que cela fonctionne... !!


Nous ne sommes QUE des personnels d'encadrement, de simples chefs d'équipe, en aucun cas responsables de la situations parce que l'on rejette sur notre fonction les incapacités institutionnelles !
Cela porte un nom : Bouc émissaires !

#19 tydé

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Posté 08 avril 2010 - 06:41

Le cadre est-il un contorsionniste entre le marteau hiérarchique et l'enclume participative ? L'injonction principale c'est "optimisez!!! ", comme s'il fallait à la fois faire mieux, avec moins et avec optimisme, conviction et adhésion.

Quand le feu sacré nous brûle les doigts, c'est peut-être un début de burn out.

Ce n'est qu'en tendant ses voiles que le marin transforme le vent en voyage.
Thierry Desbonnets ("Tydé"), psychomotricien cadre de santé en disponibilité

#20 Charlaine

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Posté 08 avril 2010 - 08:38

Je pense donc qu'il nous reste trois choix de posture :
1) accepter de mettre en jeu notre santé pour continuer tel quel au nom de nos valeurs (le sacrifice humain est-il considéré dès lors comme une valeur en soi ?)
2) Renier ces valeurs "de soignant" pour tenir le cap "management" où les valeurs sont financières (y compris dans la formation, et avec le nouveau programme, plus que jamais !)
3) Nous révolter au nom de ces mêmes valeurs et refuser en se mobilisant pour à la fois cesser d'être les boucs émissaires et permettre aux équipe une véritable activité de soins...

Non ? Avez-vous d'autre(s) option(s) qui ne soit pas la réorientation professionnelle ?
Charlaine Durand
Cadre de santé infirmier
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#21 REG

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Posté 09 avril 2010 - 07:13

J'opterai plus volontiers pour le 3ème choix, car je ne suis pas encore prêt à abandonner les valeurs qui ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui (j'aime à penser que le résultat n'est pas trop mauvais). Quant à y laisser ma peau, c'est tout à fait hors de question, l'instinct de survie prédomine encore chez l'humain sur le sens du sacrifice ( même si j'en ai parfois des preuves du contraire, avec certains collègues).
Comme tu le soulignes Charlaine, il y aussi cette issue de secours, porte de salut, peu importe le nom que l'on souhaite lui donner...bref, la reconversion professionnelle reste la solution la moins hasardeuse pour l'avenir. Mais c'est aussi la plus individualiste (ou individuelle)...encore mes valeurs!!!...car ce n'est pas à mon sens celle de l'intérêt du groupe, de notre "corporation"(inexistante selon moi).

J'ai vraiment envie de me mobiliser, mais je reste inquiet quant à la capacité du dit groupe à le faire aussi...Et surtout comment faire pour bien faire???
Bon!!! Elle est partie maintenant que je suis à sa place, que vais-je faire ???

#22 Péachel

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Posté 11 avril 2010 - 05:07

la 3 ! de toute évidence.

Je ne renoncerais JAMAIS à mes valeurs de soignant,
Je ne renoncerai ENCORE MOINS à mon attachement aux principes du service public !
Je me battrait si il le faut pour que les générations futures, puisque le terme est ainsi à la mode, puissent continuer à bénéficier de soins de qualité, accessibles à tous et organisés par des professionnels empreints de ces valeurs humaines nécessaires et essentielles pour assumer nos tâches quotidiennes


Si l'hôpital fontionne tant bien que mal au quotidien même en l'absence de médecins ou d'infirmières (ou d'AS, ASH ....) c'est parce que le cadre est intervenu et à trouvé une solution... ..... mais à quel prix ! :biggrin:

En faisant un semblant d'analyse systémique, dites-moi qui est à l'intersection des systèmes dans un établissement de soins ?

#23 Cat's eyes

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Posté 20 avril 2010 - 03:23

Ça fait un moment que je n'étais pas venue sur le forum (par manque de temps comme tout cadre qui se respecte!) et j'y découvre cette discussion passionnante qui fait écho à ce que je vis actuellement: Je ne suis cadre que depuis 3 ans et déjà, je me sens usée et au bout du rouleau. Je ne me retrouve absolument pas dans le rôle que je suis sensée jouer: je n'admets pas que la 1ère priorité de l'hôpital soit de "faire du chiffre", qu'on fasse sortir des patients en urgence pour libérer des lits pour d'autres qui ne sont pas obligatoirement plus malades mais qui seront cotés comme nouvelle entrée, j'ai beaucoup de mal à rappeler une infirmière sur son repos alors que je l'ai vue quitter le boulot la veille épuisée, j'ai l'impression de devoir faire sans cesse tout et son contraire, d'être sous le coup d'injonctions paradoxales permanentes!Et je me sens incapable de faire ce qu'on attend de moi la plupart du temps.
Alors, pour répondre à Charlaine, oui j'ai envisagé la reconversion professionnelle mais il se trouve que je ne vois pas ce que je pourrais faire d'autre que soigner. Ne reste que la révolte... Mais il faudrait que l'ensemble de la profession infirmière se révolte car ce sont nos valeurs communes qui sont mises à mal. Je pense qu'un cadre non soignant aurait moins de mal à manager les équipes car ce qui crée conflit chez moi en ce moment, c'est de ne pas parvenir à mettre en cohérence les logiques productivistes, de rentabilité, d'efficience et la logique soignante.
Autre possibilité envisagée de plus en plus sérieusement ces temps ci: redevenir infirmière afin de me recentrer sur le soin...

#24 tydé

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Posté 20 avril 2010 - 06:10

Voir le messagePéachel, le 11 avril 2010 - 05:07 , dit :

En faisant un semblant d'analyse systémique, dites-moi qui est à l'intersection des systèmes dans un établissement de soins ?


euuuhhh !? le CDS, avec sa dégaine d'ornithorynx, quelque part entre le canard qu'on va plumer et le castor qui grignote tout ce qu'il peut pour tenter de faire un barrage là où n'y avait que de l'eau filante ?

Ce n'est qu'en tendant ses voiles que le marin transforme le vent en voyage.
Thierry Desbonnets ("Tydé"), psychomotricien cadre de santé en disponibilité

#25 Péachel

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Posté 21 avril 2010 - 08:24

And the winner is.... :angry:

Ceci dit, je sens poindre un ras le bol croissant, un épuisement assez important et une "fracture".
Quels moyens ? Quels méthodes ? Que pense "L'Ordre", quelle est sa position face à la situation des cadres de santé ?

Quels conséquences a, va avoir, doit avoir,.. (aurait eu ?... :tongue: ) ce rapport ?

Une réelle mobilisation des cadres est-elle envisageable ?

#26 ouste

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Posté 21 avril 2010 - 09:02

Voir le messagePéachel, le 21 avril 2010 - 08:24 , dit :

Une réelle mobilisation des cadres est-elle envisageable ?
Des veaux mon général, des veaux!
Quand la porte est ouverte, il ne faut pas attendre qu'elle se ferme.
www.kenpokai.fr

#27 Péachel

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Posté 21 avril 2010 - 07:27

des veaux, dévots, dévotion....

Dévotion aux valeurs de soins qu'un système financier et administratif pronant une efficience obligatoire dans une logique froide et implacable d'économie budgétaire s'oppose à la logique et aux valeurs soignante dans un pseudo concept de "production de soins".
On ne produit pas un soin, on le prodigue,
On n'achète pas un soin on en bénéficie,
On propose une offre de soins..

comment intégrer alors dans cette logique et ces valeurs, les notions de rentabilité, de coût, d'économie, de rationalisation.
Je conçois l'efficience que je n'admet pas la restriction financière et les coupes sombres.
il ne faut pas confondre réduire et dépenser mieux !

Le cadre dans tout ça ?.. il est chargé de faire fonctionner un système aux logiques différentes, parfois opposées, dont les intérets divergent et les objectifs souvent inconcevables par les partenaires, avec comme moyen de pression, la culpabilisation de l'echec.

Nous sommes jugés coupables de ne pas pouvoir réaliser l'irréalisable !

#28 angee

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Posté 22 avril 2010 - 12:17

Oui, discussion passionnante et qui fait également écho chez moi. Je répondrai à Charlaine par la solution N°3 sans problème, d'ailleurs, peut être verrez vous un jour au journal qu'un service de soin est descendu dans la rue avec des lits (vides bien entendu) pour bloquer une autoroute... je suis tellement énervée par tout ce qui se passe dans mon établissement aujourd'hui, que ça fait quelques semaines que je ne cesse de dire à mon équipe, que pour se faire entendre, il faut faire une action marquante et dérangeante pour les autres, même si ça ne me plait pas plus que ça.
Mais la SNCF fait grève et paralyse la France, on les écoute, les camionneurs bloquent les autoroutes, on les écoute, nous on fait grève, et l'hôpital tourne toujours impécablement bien. Alors, je souhaite faire une action marquante pour dire mon ras le bol de voir mon établissement fonctionner à deux vitesses.
Le clinquant nouveau batiment qui prend tout l'argent et tout le temps de notre direction pendant que mon petit service avec ses patients qui coutent très chers puisqu'ils ont le malheur d'avoir des leucémies, des lymphomes, on le laisse dans un piteux état. On ne peut même pas refaire une peinture, même pas un papier peint parce qu'il n'y a pas d'argent, et pendant ce temps, on apprend que des médecins de cardiologie, dans le nouveau superbe batiment, refont faire des tapisseries toutes neuves parce qu'ils décident de changer de bureau? Mais où on va là?
J'en ai plus que marre de tout ça et je deviens très mauvaise avec les médecins.
alors, pour qu'on sache ce qui se passe, pour qu'on sache que nous n'avons pas toujours la place d'accueillir tous les patients et que nous décalons de plusieurs jours leurs cures de chimio, parce qu'on n'a pas les moyens financiers de s'aggrandir, moi je dis stop. Et si je veux qu'on nous entende, il faut qu'on nous voit. Le syndicat a eu vent de cela et me dis qu'il suffit d'avoir une autorisation préféctorale.... ça risque d'arriver si ça continue!!
Dans le secteur dans lequel je suis, tout se passe plutôt bien avec les médecins, nous collaborons. Mais dans un autre secteur,qui fait partie de notre pôle, des médecins profitent de nous.
Dans un des post, Tydé disait que c'était de notre faute. Oui, parfaitement, quand je vois rien que cet après midi, le temps que ma collègue a passé pour essayer de trouver où et comment faire partir un tube d'analyse de sang très particulier à Paris, mais moi jamais je ne l'aurai fait ça. Le médecin veut faire partir ce tube, et bien il se débrouille. Je ne lui demande pas de gérer mes absences, ni l'organisation des ASH, ni de faire des évaluations, alors chacun son job. Pourquoi ce serait le rôle du cadre de faire ça? En quel honneur? Surtout que les médecins se moquent pas mal ensuite de savoir combien de temps cela nous prend, se moquent pas mal de savoir pour la prochaine fois comment ça se passe. Oui, c'est bien notre faute, et actuellement je fais ce que j'aime faire dans mon métier. Je suis proche des patients, je suis proche de mon équipe, et les médecins passent après tout ça.
Et si demain je suis (du verbe suivre!) entièrement la visite avec le médecin, c'est parce que j'ai cinq IDE à la place de six à cause d'un arrêt dans mon secteur parmi tant d'autres sur notre service et que je n'ai pas pu faire autrement. Je sais que les infirmiers n'auront pas la possibilité de la suivre alors je vais le faire, pour les patients, pour la transmission des informations afin d'assurer une bonne prise en charge des malades, mais pas pour le médecin même si je m'entends parfaitement avec lui (on s'offre même des plaques de chocolat quand on se rend service!!).

Et que penser de la nouvelle concernant notre changement de rapport hiérarchique? Nous n'allons plus être sous la tutelle des directeurs de soins mais des chefs de pôle, autrement dit des médecins? Si dans certains services (comme le mien), tout se passe à peu près bien, il n'en est pas de même partout. Alors, devrons nous à nouveau nous soumettre à leur bon vouloir? Dans peu de temps, nous rencontrons notre coordinatrice de soins, qui souhaitent mieux nous connaître et voir quelles sont nos attentes etc. Je crois que j'ai intérêt à prendre un traitement avant sinon je vais être mauvaise!!!!

Et pour finir, je dirai que si je suis toujours souriante malgré tout, si j'ai toujours la pêche, si je suis autant à l'écoute de mon équipe, des patients, c'est parce que ma vie privée va bien, c'est parce que je danse sans arrêt pour me ressourcer. Si on m'enlève ça, je ne sais pas ce que je deviendrai...
cadre de santé dynamique recherche une équipe effidaptée, n'ayant pas de désidératas particuliers pour les plannings, pouvant travailler de jour comme de nuit et les week end, répartissant les congés idéalement sur l'année...
non je plaisante, les plannings seraient si monotones ainsi!

on ne nait pas femme, on le devient... Simone de Beauvoir

#29 Péachel

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Posté 22 avril 2010 - 05:37

Le médecin dans un bras, l'équipe dans l'autre, la (les) directions sur les épaules, les finances dans les pattes, les familles au bout du fil, la direction des Soins et la qualité sur le dos. Seuls les services techniques ne nous encombrent pas... injoignables...

Ce qui me "rassure" c'est que le phénomène n'est pas local... mais bien quasi général, ce qui m'inquiète.


Bon, on la monte quand cette Coordination Nationale des Cadres de Santé ? :angry:

#30 Péachel

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Posté 22 avril 2010 - 07:57

Avez vous eut connaissance de cet article de janvier 2010 ?

Je vous le livre tel quel :


Salaires en fonction publique

Revalorisation salariale LMD : conséquences pour les cadres infirmiers !

Les cadres de santé auront accès à une grille rénovée de catégorie A en juillet 2012

18 janvier 2010
Le document du ministère stipule : « Les propositions formulées par la mission de Singly feront l’objet d’une concertation spécifique avec les organisations syndicales, à l’exception de la revalorisation indiciaire puisqu’elle figure au présent protocole. Dès 2010, un groupe de travail sera mis en place pour définir les référentiels métiers et compétences des cadres sur la base des rôles et missions définis dans le rapport sur les cadres hospitaliers remis par Chantal de Singly et qui pourront être précisés. »

« Le présent protocole fixe la nouvelle grille indiciaire pour les cadres de santé et les cadres supérieurs de santé. Ce statut particulier est construit sur deux grades aux bornages indiciaires revalorisés. Les gains de rémunération nette (traitement indiciaire et primes sans N.B.I.) avant et après la réforme en 2015 seront, pour les cadres de santé et cadres supérieurs, de :
début de carrière : 3421 € en plus annuellement ;
fin de carrière : 4996 € en plus annuellement. »

« Un reclassement est prévu dès juillet 2012 sur la nouvelle structure de grille de rémunération suivi d’un glissement en juillet 2015. Le reclassement se fera sur les mêmes principes que pour les infirmiers non spécialisés. A compter de 2013, il ne sera plus effectué de recrutement dans le corps actuel de cadre de santé de la fonction publique hospitalière. »

Le régime indemnitaire des cadres de santé et des cadres supérieurs de santé sera modifié dès l’année 2011.

« L’actuel régime indemnitaire sera remplacé par l’instauration d’une prime de fonction et de résultat (P.F.R.). L’évaluation de la part variable interviendra sur la base de l’expérimentation de l’entretien professionnel en 2010 pour tous les agents de catégorie A de la fonction publique hospitalière. La mise en œuvre de la PFR s’accompagnera d’une revalorisation indemnitaire, en cohérence avec l’évaluation de la performance. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la PFR pour les cadres de la catégorie A de la fonction publique. Le champ de la P.F.R. et ses modalités de mise en œuvre feront l’objet d’un groupe de travail en 2010 dans le cadre du suivi du présent protocole. »

Pour le SNPI, la revalorisation des cadres de proximité reste modeste, au regard des salaires des « managers » d’entreprises privées ayant le même effectif et le même budget à gérer ! La hausse de 2012 sera de 4 à 22 points, avec un dernier échelon à l’IB 740 aujourd’hui, 770 en 2012 et 801 en 2015 ! Par contre, la revalorisation des cadres supérieurs est conséquente, l’indice terminal passant de 780 aujourd’hui à 901 en 2015. Mais c’est encore loin de l’attaché d’administration hospitalière qui termine à 966 ! La hausse de 2012 sera de 17 à 28 points.



2013 fin de recrutement dans le corps actuel des cadre de santé !
Evaluation de Performance,
Résultats



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