Aller au contenu


"la toilette", soin compliqué mais premier soin enseigné


3 réponses à ce sujet

#1 Rexton

  • Membres
  • 33 messages

Posté 16 février 2008 - 12:25

bonjour,

me revoila avec de nouvelles nouvelles questions en lien avec la formation.

j'aimerais cette fois-ci avoir votre avis sur ce soin d'hygiène qu'on appelle "toilette". Soin difficile, si ce n'est pas le plus difficile d'apres les discours de soignants et formateurs, il s'avére toutefois, qu'il s'agit du premier soin par lequel l'étudiant infirmier appréhende le métier d'infirmier durant les stages. qu'en est il dans vos établissements?

j'entends même parfois la notion de "soin de base"! alors sémantiquement parlant, base de quoi? base de l'hygiène? base de notre métier ? base dans le sens de primaire? ce qui est "de base" est souvent d'ailleurs associè à l'idée de facilité!

bref, je me suis permis un jour de poser la question s'il y avait un ordre d'apprentissage dans les soins réalisés en stage et si pourquoi pas, débuter le premier stage par l'apprentissage des prises de sang, poses de cathéter pouvait être possible.

qu'est ce qui nous oblige, formateurs, infirmiers, de commencer la formation par "la toilette"? est elle un passage obligé avant l'apprentissage des soins, allez...dirons nous plus techniques?

je vous dis à bientot

en attendant je prépare un troisième sujet (jamais deux sans trois)

#2 Charlaine

  • Membres
  • 15 243 messages

Posté 16 février 2008 - 11:26

Bonne question.

Ce 'est pas un soin compliqué mais complexe.
Pourquoi alors le faire en première année ? Parce que l'étudiant n'a pas trois ans pour l'apprendre. Qu'à l'instard des étudiants aide-soignants qui doivent le maîtriser en 10 mois, cet étudiant en soins infirmier, n'est pas moins outillé pour l'apprendre en 12 mois. Et qu'à l'issue de la première année, s'il a le niveau, il peut prétendre obtenir l'équivalence du DEAS pour exercer en tant qu'AS... CQFD !

Pourquoi plus complexe que les soins technique ? En fait, il est devenu le plus complexe parce les avancées dans les soins techniques tant dans les progrès du matériel (on ne flambe plus les cupules, ni ne désinfectons plus les plateaux par couches successives, croisées d'alcool iodé par exemple...) que dans les types d'interventions (les grandes laparotomies sont remplacées par une coelio... celle qui étaient dites "exploratoires" sont remplacées par un scanner ou une IRM...) ne nécessite plus les heures de pansements auquelles l'IE était confrontée chaque jour, plus ou moins avec relais (disparition des escharres tels qu'ils existaient encore il y a 15 ans).

Alors, la hiérarchisation s'est faite par l'évolution des soins, naturellement. Dérangeant de dire alors que ce soin réalisé quotidiennement par les AS est le plus complexe ? Certes, un peu... c'est oublier qu'il continue de faire partie à juste titre du rôle propre infirmier. C'est le seul soin où l'on peut observer le patient dans sa nudité complète et relever ainsi de précieuses observations indispensables à son suivi, sa surveillance.

Pourquoi ne pas commencer par l'apprentissage des soins techniques ? J'avais écrit dans un article issu de mon mémoire (et donc dans ce dernier) que je pensais que l'apprentissage de la toilette était le premier à faire. Mais avec l'évolution que je viens d'expliquer plus haut, il faut reconnaitre que faire une faute d'aseptie au cours d'un pansement, pour nous qui avons connu les poupinel, seringue de guyot, pansement américain fait à la main et autres objet et méthodes disparues, qu'une réfection simple de pansement n'est pas si difficile ! Un peu d'entrainement et le tour est joué !

La toilette est et reste par contre, au même niveau... et même si les chariots douche, les nouvelles normes rendent plus facile l'utilisation des installations, la toilette est un moment fort pour l'individu, soignant et soigné, car il touche l'intimité pas seulement corporelle. Le corps garde les traces de son histoire. Les cellules fussent-elles superficielles au corps ont toutes une mémoire.
Le musc est particulier à chacun, on recherche celui de l'être aimé... on repousse ceux des étrangers. Ces odeurs corporelles, signature olfactive d'un être vivant, à nul autre pareille, nous prend aux tripes (même si nous n'obéissons plus vraiment à "sentir" l'autre comme le font les animaux, l'usage du parfum témoigne de sa réalité vivace dans nos communications avec autrui... exhalter ou cacher ??). La toilette est et reste le moment d'un colloque singulier. On y respecte les habitudes de vie, on y emploie les produits personnels... c'est normalement la personne qui décide de ce soin. Difficile alors pour un soignant d'inverser les rôles (dans les soins tchniques, c'est l'IDE qui décide)... sans doute est-ce pour cela que l'IDE n'en veut plus ?
Charlaine Durand
Cadre de santé infirmier
Formatrice en IFSI

"Pour que le mal triomphe... il suffit que les hommes de bien ne fassent rien" Edmund Burke, Homme d"état et philosophe irlandais.

#3 [Invité]angee_*

  • Guests

Posté 16 février 2008 - 02:50

Joli Charlaine!
Oui, je dirai que si ce soin est enseigné et pratiqué par la plupart des étudiants de première année, il est boudé par ceux des années supérieures. Et il m'est arrivé de voir des 3èmes années faire des toilettes et là, catastrophe!! Rien ne va, ni la sécurité de la personne soignée qu'on va laisser sur le côté sans prendre de précaution, ni respect de la pudeur, ni confort de la personne qu'on retourne avec la tête mise n'importe comment. Quant à l'organisation, aux fautes d'hygiène et au manque de communication, n'en parlons pas!!
ALors je dis que ce soin est un soin de base parce qu'à mon sens il réunit tout ce qu'un bon professionnel doit savoir faire: l'organisation, l'anticipation, le diagnostic, la sécurité, le confort, la relation. Lorsqu'un étudiant est capable d'être à l'aise avec la toilette, il l'est avec les autres soins plus techniques. (Charlaine n'a pas mentionné non plus les canules de trach qu'on nettoyait à l'intérieur avec une compresse savamment entortillée dans nos pinces!!).
Bref, l'apprendre en première année c'est continuer à se perfectionner pendant le restant de ses études. J'ai travaillé en réanimation, seul service encore peut être où l'infirmière sait encore faire des toilettes des pieds à la tête avec ou sans aide soignante. Je ne parle pas des services de personnes âgées où là encore les ide sont amenées à aider les aides soignantes. Mais dans d'autres secteurs de soin, la charge ide est tellement importante, qu'elles ne parviennent plus à le faire, et dans d'autres services, elle peut tout simplement être boudée par les ide!

#4 gobie

  • Membres
  • 688 messages

Posté 29 février 2008 - 07:08

j'ai travaillé en médecine, maintenant je suis cadre en médecine et la toilette reste un acte fait par les IDE, car elle travaille binome avec l'AS.Il est vrai que les aides au lavabo sont faites plus par l'AS pendant que l'IDE fait un pst ou ECG...mais elles se retrouvent pour certaines toilettes.Je pense que c'est un soin important dans la connaissance du patient, et c'est le message que fait passer aux étudiants de tout niveau.
"ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon vous n'en sortirez pas vivant"
" rien n'est plus contagieux que l'enthousiasme"

Concours cadre de santé

Vous souhaitez devenir cadre de santé ? Retrouvez toute l'info utile et nos conseils pour bien vous préparer aux concours.

Préparez le concours

Formation continue

Formations professionnelles en ligne pour les soignants : Alzheimer, transfusion, hygiène, douleur, calculs de doses...
Découvrir les formations




Répondre à ce sujet