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OMS : Relever le défi mondial de la pollution atmosphérique

lundi 10 octobre 2011

La pollution atmosphérique atteint des niveaux dangereux pour la santé dans de nombreuses villes, selon les données sur la qualité de l’air publiées aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il s’agit d’une compilation sans précédent de données concernant près de 1100 villes dans 91 pays, dont des capitales et des villes de plus de 100 000 habitants.

Plus de 2 millions de victimes
L’OMS estime que, chaque année, plus de 2 millions de personnes meurent du fait de l’inhalation de particules fines présentes dans l’air intérieur et extérieur. Les particules PM10, d’une taille égale ou inférieure à 10 micromètres, peuvent pénétrer dans les poumons, entrer dans la circulation sanguine et provoquer des cardiopathies, des cancers du poumon, des cas d’asthme et des infections des voies respiratoires inférieures.

Le seuil fixé dans les lignes directrices de l’OMS relatives à la qualité de l’air s’agissant de la concentration moyenne annuelle des particules PM10 est de 20 microgrammes par mètre cube (µg/m3), mais les données publiées aujourd’hui montrent que, dans certaines villes, cette concentration atteint jusqu’à 300 µg/m3.

Principaux résultats
Les principales informations qui ressortent de cette étude sont les suivantes :
- Il est courant de constater des niveaux constamment élevés de pollution par les particules fines dans beaucoup de zones urbaines. Cette pollution provient souvent de sources de combustion telles que les centrales électriques et les véhicules à moteur.
- L’exposition moyenne annuelle aux particules PM10 de l’immense majorité des populations qui habitent en milieu urbain dépasse le seuil de 20 µg/m3 recommandé dans les lignes directrices de l’OMS relatives à la qualité de l’air. En moyenne, seules quelques villes présentent actuellement des valeurs conformes aux lignes directrices de l’OMS.
- Pour l’année 2008, on estime à 1,34 million le nombre de décès prématurés attribuables à la pollution atmosphérique en ville. Si les valeurs avaient été partout conformes aux lignes directrices de l’OMS, 1,09 million de vies auraient pu être sauvées cette année-là. Le nombre de décès attribuables à la pollution atmosphérique en ville a augmenté par rapport à l’estimation de 2004, qui était de 1,15 million. Ceci s’explique par l’augmentation récente de la pollution atmosphérique et de la taille des populations mais aussi par le fait qu’il y a davantage des données disponibles et les méthodes employées meilleures.
« La pollution atmosphérique est un grave problème de santé et nous devons absolument redoubler d’efforts pour en atténuer les répercussions », déclare le Dr Maria Neira, Directeur du Département Santé publique et environnement de l’OMS. « Si nous contrôlons et gérons l’environnement correctement, nous pouvons réduire considérablement le nombre de gens qui souffrent d’affections respiratoires et cardiaques, et de cancer du poumon. Partout dans le monde, l’air des villes est souvent pollué par les gaz d’échappement, la fumée des usines ou la suie des centrales électriques qui fonctionnent au charbon. De nombreux pays sont dépourvus de réglementation sur la qualité de l’air et, lorsqu’il y en a une, les normes nationales et leur application varient considérablement », a-t-elle ajouté.

Comprendre les risques sanitaires
L’OMS appelle à renforcer la sensibilisation aux risques sanitaires que représente la pollution atmosphérique, à mettre en œuvre des politiques efficaces et à contrôler de près la situation dans les villes. Une réduction de la concentration annuelle moyenne de particules PM10 de 70 µg/m3 à 20 µg/m3 devrait entraîner une baisse de 15% de la mortalité - ce que l’on peut considérer comme un progrès non négligeable en termes de santé publique.

Là où le niveau de pollution est plus élevé, une réduction dans les mêmes proportions aura moins d’impact sur la baisse de la mortalité mais apportera néanmoins d’importants bienfaits pour la santé.

« Les solutions à la pollution atmosphérique en ville dépendront de l’importance relative des différentes sources de pollution, du niveau de développement et de la géographie locale », affirme le Dr Carlos Dora, Coordonnateur de l’unité Interventions pour des environnements sains du Département Santé publique et environnement de l’OMS. « Les informations contenues dans la base de données de l’OMS doivent principalement permettre aux villes de surveiller l’évolution de la pollution atmosphérique dans le temps afin de choisir des interventions efficaces, de les améliorer et de les généraliser », a-t-il ajouté.

Agir à tous les niveaux
Dans les pays développés comme dans les pays en développement, les principales causes de pollution atmosphérique sont les moyens de transport motorisés, les industries petites ou grandes, l’utilisation de biomasse et de charbon pour la cuisine et le chauffage, ainsi que les centrales électriques au charbon. L’utilisation de bois et de charbon pour le chauffage des logements contribue beaucoup à la pollution atmosphérique, notamment en milieu rural pendant les mois d’hiver.

« Pour juguler la pollution et atténuer ses effets sur la santé, il faut prendre des mesures au niveau local, appliquer des politiques nationales et conclure des accords internationaux », dit le Dr Michal Krzyzanowski, Chef du Centre européen OMS de l’environnement et de la santé à Bonn (Allemagne). « Grâce aux données tirées du contrôle de la qualité de l’air publiées aujourd’hui, nous savons dans quelles régions il faut agir en priorité et nous pouvons évaluer l’efficacité des politiques et des mesures mises en œuvre. », a-t-il ajouté.

Informations sur la base de données de l’OMS
Les données sur la qualité de l’air ont été compilées à partir de sources nationales ou municipales publiques et sont fondées sur les résultats des contrôles de la qualité de l’air effectués dans chaque ville. Pour éviter les surestimations, les valeurs figurant dans la base de données correspondent à des sites de contrôle urbains, parmi lesquels des bords de routes mais pas des sites industriels ou d’autres « sites sensibles » qui ne sont pas représentatifs de la pollution à laquelle beaucoup de gens sont exposés (p. ex. bretelles d’autoroute).

Les valeurs figurant dans la base de données, y compris les concentrations rapportées de particules PM10, correspondent à des moyennes annuelles. La concentration de particules PM10 est un indicateur important de la pollution atmosphérique en milieu urbain et des risques sanitaires associés au mélange complexe de polluants que l’on trouve généralement en ville. Les petites particules PM10 peuvent pénétrer en profondeur dans les poumons, passer dans le sang et léser plusieurs organes. Pour certaines villes, on dispose de données sur des particules encore plus petites, comme les PM2,5, qui figurent également dans la base de données.

Ces données sont basées sur des mesures effectuées de 2003 à 2010 et la grande majorité d’entre elles correspondent à la période 2008-2009. Les données sont présentées par ville, par population urbaine de chaque pays (si elles sont disponibles) et par Région de l’OMS.

Pour plus d’informations, veuillez prendre contact avec :
Nada Osseiran
Chargée de communication
OMS
Téléphone : +41 22 791 4475
Portable : +41 79 445 1624
Courriel : osseirann@who.int

Gregory Hartl
Conseiller pour la communication
OMS
Téléphone : +4122 791 4458
Courriel : hartlg@who.int


Voir en ligne : OMS


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