La sociométrie au service du cadre

mardi 4 février 2003, par Marc Catanas

Origines de la sociométrie

Le terme de sociométrie [1] a été fondé par Jacob Moreno(1892 - 1974), psychiatre autrichien émigré aux Etats Unis, dans son ouvrage « Who shall survive » écrit en 1934, publié en français sous le titre de « Fondements de la sociométrie » en 1954.

Moreno s’intéressa à la fois à la qualité des relations interpersonnelles, à leur « vécu » et à leur quantité c’est-à-dire à leur densité au sein des groupes sociaux. Il nous apprend un ensemble de techniques particulières d’analyse des relations au sein de petits groupes.

Moreno a défini la sociométrie comme « un instrument qui sert à mesurer l’importance de l’organisation qui apparaît dans les groupes sociaux, à la lumière des attractions et des rejets qui se manifestent à l’intérieur de ces groupes ».

Le test sociométrique et le sociogramme

Pratiqué dans les conditions de la vie quotidienne, le test sociométrique s’applique au sein de groupes naturels comme des équipes de travail par exemple, et consiste à demander à chaque individu quels sont, parmi les autres, ceux qu’il préfère, rejette, ou avec lesquels il a des relations d’indifférence.
Ce test prend en compte les affinités socio-affectives au sein du groupe dont chaque membre est envisagé comme un « atome social », et permet de déterminer la structure affective du groupe et, éventuellement, de ses sous-groupes.

Après avoir fait passer ce test à tous les membres du groupe, il est possible d’établir un « sociogramme », c’est-à-dire une représentation graphique de ces liens avec en abscisse l’expansivité de chaque sujet et en ordonnée son statut sociométrique.
Ces formes de représentation montrent les relations sous forme d’un réseau où apparaissent des positions (favoris, isolés) avec des configurations typiques, dyades (paires), triades, étoiles,…. etc.

En fait, le sociogramme est un moyen très pratique d’effectuer des prévisions relatives au fonctionnement de petits groupes et de constituer des équipes ou des groupes de travail. Cela peut être un outil très utile au cadre dans l’étude de son équipe et notamment dans la gestion des conflits.
Plusieurs structures peuvent caractériser un même groupe : le sociogramme d’un groupe sera différent selon qu’on considère des relations purement affectives ou bien une tâche à accomplir.

Portée de la sociométrie

Ainsi, la sociométrie permet non seulement l’étude empirique d’une série de groupes particuliers, mais aussi l’élaboration de modèles d’une portée plus générale, effectuée à trois niveaux :
- au niveau de l’individu, en permettant la détermination du mode de sociabilité de tel sujet à tel moment,
- au niveau des relations entre individus représentées par les dyades,
- au niveau des structures de groupe et plus particulièrement au niveau de sa cohésion.

En outre, il est souvent précieux, au cours de recherches d’ensemble sur les communications entre individus, de mettre les résultats sociométriques en relation avec diverses variables d’ordre psychologique (par l’étude des traits de personnalité par exemple) ou sociologique (par l’étude des liens culturels ou professionnels).


[1Maisonneuve J « La sociométrie », in Encyclopaedia Universalis, Corpus 21, p231-233, 1990


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